COPAG : De 21 agriculteurs à la plus grande coopérative agricole du Maroc

Par 7 min de lecture Mis à jour Il y a 2 mois
COPAG : De 21 agriculteurs à la plus grande coopérative agricole du Maroc

La plus grande coopérative agricole marocaine : COPAG.

COPAG. C’est en 1987, sous l’impulsion de deux agriculteurs, Taoufik Hadj Ahmed et Moulay M’hamed Loultiti, que naît à Taroudant l’une des plus grandes et plus belles success stories agricole du Maroc : la COPAG. L’histoire d’une petite coopérative du Sud marocain, composée à l’origine de 21 agriculteurs, qui a su gagner le cœur et surtout le goût de tout un pays.

Comment une petite coopérative régionale est devenue un fleuron national au modèle d’intégration unique et à la croissance soutenue. Un modèle qui s’est construit dans le Souss, territoire historiquement structurant de l’agriculture marocaine, reconnu pour son rôle central dans les filières agrumicole et maraîchère d’export, mais aussi pour sa capacité d’innovation face aux contraintes climatiques. C’est un dossier proposé par AgriMaroc.ma.

Exportation de fruits et première laiterie

Les 21 agriculteurs et membres fondateurs à l’origine du projet en 1987 ne doivent pas regretter leur choix. Aujourd’hui, ce sont 14 000 adhérents qui font partie de la « famille COPAG ». Plus exactement, 14 000 agriculteurs intégrés à des coopératives agricoles « filles » adhérentes à la COPAG et 112 agriculteurs indépendants affiliés directement à la coopérative. Des chiffres vertigineux qui plantent le décor et illustrent l’ampleur d’un modèle coopératif devenu structurant à l’échelle nationale.

À la fin des années 1980, l’objectif était d’exporter des produits alimentaires vers les pays européens. C’est ainsi qu’est née l’idée d’une coopérative, dans un contexte où la mutualisation des moyens apparaissait comme une réponse rationnelle aux exigences croissantes des marchés internationaux. Une idée d’autant plus pertinente que la zone bénéficiait d’un avantage concurrentiel inégalable : son climat. Un climat qui a donné à la région du Souss ses lettres de noblesse et une légitimité reconnue lorsqu’il s’agit de produire et de valoriser l’agrume marocain à l’export.

Après avoir fait de l’export d’agrumes son terrain de jeu, en gagnant des parts de marché toujours plus importantes, la coopérative du Souss inaugure sa première laiterie en 1993. Un choix qui peut surprendre lorsque l’on est initialement positionné sur les fruits frais, mais qui s’inscrit déjà dans une logique de diversification raisonnée et de sécurisation des revenus agricoles.

Une diversification stratégique, qui s’avérera à terme majeure dans le développement de la coopérative. Pourquoi ce choix de passer de l’orange à la vache ? Les interrogations sont nombreuses à l’époque. Pourtant, cette orientation permettra progressivement à la COPAG de structurer une véritable filière laitière intégrée, en s’appuyant sur un réseau d’éleveurs accompagnés techniquement et économiquement, avec des débouchés sécurisés et une collecte organisée.

En 1993, la petite laiterie produit alors environ 6 000 litres de lait par jour. Le lait est collecté, transformé et commercialisé localement sous forme de sachets de lait pasteurisé ou de yaourts conditionnés en pots préformés. L’appellation, elle, est déjà celle que nous connaissons aujourd’hui : El Jaouda. Une marque qui s’imposera progressivement grâce à la régularité de l’approvisionnement, au respect des exigences sanitaires et à la maîtrise de la qualité, éléments déterminants dans un marché laitier en pleine structuration.

C’est cette orientation qui conduira la COPAG à un tournant majeur.

Le véritable tournant en 1999

Pour la coopérative, le chemin est désormais tracé. Le succès aidant, la COPAG devient une marque identifiée, reconnue et installée sur les marchés nationaux. La stratégie d’investissement et de diversification est ciblée, progressive et cohérente avec les besoins des adhérents. Le succès de la COPAG ne repose pas sur une innovation isolée, mais sur l’adaptation intelligente de modèles coopératifs éprouvés ailleurs.

Pour la COPAG et son président, toutes les bonnes idées observées à l’international sont à adopter et à adapter au contexte marocain. Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple ?

Lors de ses déplacements en Amérique du Nord ou en Europe, Moulay M’Hamed Loultiti s’inspire des modèles coopératifs performants pour les transposer au Maroc. En 1999, la COPAG se dote ainsi d’une unité de fabrication d’aliments composés, avec un objectif clair : fournir aux éleveurs adhérents un aliment pour bétail à prix coûtant, sans marge, afin de réduire les charges de production et d’améliorer la rentabilité des exploitations.

Alors que ce type de service est courant dans les coopératives européennes ou nord-américaines, il s’agit d’une première au Maroc. Le succès est immédiat. Les agriculteurs adhèrent, la production laitière progresse et la marque « Jaouda », déposée en 2000, se décline rapidement en flans, yaourts brassés et lait fermenté. La dynamique est lancée et la croissance devient continue.

La COPAG aujourd’hui en chiffres

Aujourd’hui, la COPAG représente 5 800 emplois directs et plus de 50 000 emplois indirects, illustrant son poids socio-économique dans les territoires où elle est implantée.

Le segment agrumes couvre plus de 6 700 hectares, pour une production annuelle estimée à plus de 120 000 tonnes.

Le segment primeurs s’étend sur plus de 500 hectares, avec une production dépassant les 40 000 tonnes par an.

Le cheptel compte 89 000 bovins, dont 60 000 vaches laitières, pour une production avoisinant 280 000 tonnes de lait par an.

Ce gigantisme fait aujourd’hui de la COPAG la première coopérative agricole du Maroc, le deuxième acteur laitier national et un acteur majeur de l’industrie agroalimentaire. Sa présence s’étend sur l’ensemble du territoire à travers 46 000 points de vente et 15 agences commerciales. Une organisation à la hauteur des volumes gérés et des attentes du marché.

Un avenir diversifié et… du photovoltaïque

Pour la COPAG, l’avenir passe toujours par la diversification et l’investissement productif. Au fil des années, plusieurs projets structurants ont vu le jour. En 2012, une deuxième unité industrielle est lancée à Larache. En 2015, un abattoir de viandes rouges entre en activité, avec un investissement estimé à 96 millions de dirhams et une capacité de production destinée à alimenter le marché national à hauteur de 3 000 tonnes par an.

Lire aussi : La COPAG lance son abattoir – AgriMaroc.ma

Plus récemment, la coopérative s’est intéressée au photovoltaïque. Un choix qui dépasse la seule dimension environnementale. Dans un contexte de hausse des coûts énergétiques et de pression sur la compétitivité des filières agricoles, la maîtrise de l’énergie devient un levier économique stratégique.

Consciente de ces enjeux, la COPAG a engagé une réflexion avant de lancer un projet pilote en partenariat avec l’agence allemande de l’énergie (DENA) et le ministère fédéral allemand de l’Économie et de l’Énergie (BMWi), dans le cadre du programme Solar 23.

L’installation photovoltaïque de 25 kWc comprend une centaine de modules de 250 W et produira en moyenne 44 000 kWh par an. Selon Judith Jager, responsable des projets Solar 23, l’ensemble des installations prévues permettra, à terme, une économie estimée à 29 tonnes de CO₂.

COPAG se fixe ainsi un cap clair : poursuivre sa croissance tout en restant proche des agriculteurs qui la font vivre au quotidien. Un modèle coopératif marocain qui continue de convaincre, année après année, toujours plus de producteurs à travers le Royaume.

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10 commentaires sur « COPAG : De 21 agriculteurs à la plus grande coopérative agricole du Maroc »

  1. السلام أعليكوم انا في حجا لي موسعدا فقتو عملي مين شريكا كوبك مودات 2006 تورية بسبب الغيب عن شوغل في مشكل عإلي هتيف +21206579764

  2. moi je suis un chauffeur permi de conduite B ; C ; EC je suis intérissé de ce poste j ai un expérience international AFRICA/EUROP

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