Sécheresse persistante, sols appauvris, marchés sous tension : dans un contexte de plus en plus complexe, les agriculteurs nord-africains doivent adapter leurs pratiques pour rester compétitifs. Chez Syngenta, l’heure est à l’innovation avec le déploiement des Biologicals, une nouvelle génération de solutions biologiques qui vise à préserver la productivité et la rentabilité des agriculteurs nord-africains.
Comment ces produits fonctionnent ils concrètement ? Avec quel impact agronomique et économique ? Dans une région aussi exposée que l’Afrique du Nord, quelle est la stratégie retenue ? Axel d’Hauthuille, Business Area Head chez Syngenta North West Africa, nous ouvre les coulisses de cette approche fondée sur la nature et en plein développement.
Pouvez-vous nous expliquer l’intérêt de la gamme Biologicals, du point de vue d’une exploitation agricole ?
Axel d’Hauthuille : Syngenta Biologicals vient aider les agriculteurs à augmenter les rendements tout en réduisant l’impact environnemental, dans un contexte de plus en plus contraint.
Inspirée de la nature, notre gamme rend les cultures plus résistantes au stress abiotique. Elle repose sur trois piliers : le biocontrôle, la biostimulation et les biofertilisants.
Le Biocontrôle cible les ravageurs, maladies cryptogamiques et adventices. Ces bio-insecticides, bio-fongicides et bio-herbicides sont formulés à base de bactéries, micro-organismes ou autres substances naturelles.
Ensuite, avec nos produits Biostimulants, les agriculteurs améliorent les rendements, en renforçant la santé des plantes et des sols. La nutrition et l’utilisation de l’eau deviennent plus efficientes.
Enfin, nos biofertilisants favorisent la croissance des cultures, grâce à des solutions à base microbienne utilisées pour fixer l’azote et solubiliser le phosphore.
Vous déployez actuellement les Biologicals en Afrique du Nord. Quelles problématiques cherchez-vous à résoudre ?
Axel d’Hauthuille : L’Afrique du Nord est un pilier de la production agricole méditerranéenne. Mais la région fait face, comme partout dans le monde, à des perturbations de grande ampleur, qui impactent directement la rentabilité pour les agriculteurs.
Notre objectif est de les aider à maintenir des niveaux de production compétitifs.
En effet, entre les épisodes climatiques extrêmes, les sécheresses prolongées, les pluies torrentielles, l’appauvrissement des sols et la volatilité du prix des intrants, parfois difficiles à se procurer… les défis sont multiples.
A cela vient s’ajouter la pression réglementaire, avec des restrictions d’usage pour certains produits et matières actives afin de préserver la faune et la flore.
Comment Syngenta Biologicals aide-t-elle les producteurs nord-africains à rester compétitifs et à sécuriser leurs débouchés, notamment à l’export ?
Axel d’Hauthuille : L’offre Biologicals de Syngenta va bien au-delà de simples produits. C’est un accompagnement complet, visant à faciliter l’adoption de solutions durables en agriculture.
Nous proposons non seulement des produits biostimulants et de biocontrôle innovants, mais aussi un ensemble d’outils d’aide à la décision, tels que des applications et du matériel spécialisé.
Ces outils aident les agriculteurs à optimiser l’application des produits, en déterminant le meilleur moment, la dose adaptée et la méthode d’application la plus efficace. De plus, Syngenta fournit des analyses de LMR et des courbes de dégradation des matières actives. Celles-ci sont essentielles pour une production conforme aux normes d’exportation et respectueuse des consommateurs.
L’offre inclut également des solutions pour l’élimination des emballages d’intrants agricoles et s’adapte aux nouvelles technologies, comme l’application par drone.
Les essais FoodChain menés au Syngenta Knowledge Centre près d’Agadir et chez des producteurs confirment l’efficacité du biocontrôle. Cette approche ciblée réduit significativement le nombre de traitements, pour répondre aux exigences croissantes en matière d’agriculture durable. Sans compromettre la protection des cultures. Elle limite d’ailleurs l’apparition de résistances chez les ravageurs, ce qui contribue à préserver l’efficacité à long terme des produits phytosanitaires.
Soulignons enfin un levier de compétitivité majeur : moins de matières actives, c’est moins de résidus sur les récoltes. Pour pouvoir exporter vers l’Europe, c’est stratégique.
Adaptez-vous vos réponses en fonction des systèmes de culture et contextes locaux ?
Axel d’Hauthuille : Oui, l’adaptation est essentielle. Les pratiques varient selon les pays, les climats, les types de sol et le niveau de maîtrise technique. Nous ne proposons jamais de solution générique.
Nos recommandations sont précises : dose par hectare, concentration, méthode d’application (foliaire, goutte-à-goutte, aspersion…). C’est la clé pour garantir l’efficacité des produits dans des conditions réelles.

Comment Syngenta accompagne-t-elle la montée en compétence des agriculteurs nord-africains ?
Axel d’Hauthuille : L’adoption des Biologicals repose largement sur la formation. Avec un objectif clair : renforcer l’expertise locale et accélérer l’adoption des pratiques durables. C’est pourquoi, chez Syngenta NWA, nous mobilisons depuis des années des moyens humains et matériels sous plusieurs aspects.
À commencer par une ressource marketing dédiée, à l’écoute du terrain, ainsi que des journées de démonstration et de formation autour des Biologicals et leurs utilisations.
Ce dispositif s’enrichit de notre centre d’essai au Maroc et d’un programme d’essai sur la région avec une centaine d’essais par an.
Nous développons par ailleurs des partenariats avec les organismes officiels de la filière agricole, les coopératives qui représentent le secteur et les instituts de recherche. Des visites sont organisées pour nos clients et partenaires dans nos centres de recherche mondiaux, afin de leur faire découvrir la science derrière nos produits.
Quels résultats concrets les producteurs peuvent-ils espérer obtenir avec les Biologicals ?
Axel d’Hauthuille : MEGAFOL et ISABION sont aujourd’hui des références mondiales en termes de gestion de stress abiotique.
Avec ISABION, on observe en moyenne 15 % d’augmentation de rendement pour le blé, une culture stratégique en Afrique du Nord. Sans compter l’augmentation du rendement en paille.
Avec la solution VIVA, le rendement des cultures maraîchères et arboricoles augmente immédiatement et de façon significative. De plus, on obtient une amélioration notable des caractéristiques physico-chimiques des sols à moyen et long terme.
Côté biocontrôle, nous avons prouvé qu’un programme combinant Biologicals et pesticides chimiques est tout aussi efficace qu’un programme conventionnel 100 % chimique. Un exemple ? Notre produit TAEGRO, pour le contrôle de l’oïdium et du botrytis de la vigne.
Quels sont vos prochains axes de développement pour aider les agriculteurs d’Afrique du Nord à rester compétitifs sur les marchés mondiaux ?
Axel d’Hauthuille : L’un de nos grands axes de développement, c’est clairement de renforcer l’efficience dans l’usage des nutriments et de l’eau.
Nous développons notamment VIXERAN, une avancée majeure qui permet aux plantes de capter l’azote de l’air pour réduire la dépendance aux engrais. Nous sommes précurseurs et leaders dans la région sur ce sujet.
Deux autres solutions sont en développement, dans le but d’aider les agriculteurs à mieux gérer l’irrégularité des irrigations et le stress hydrique modéré.
Ces innovations viennent conforter le rôle majeur de Syngenta en matière de développement des Biologicals en Afrique du Nord. C’est ainsi que nous comptons accompagner durablement les transitions agricoles dans la région.


