La campagne 2026 du melon marocain se termine sur une configuration atypique où la valorisation commerciale masque des fragilités agronomiques persistantes. Selon FreshPlaza, le marché européen a été particulièrement favorable aux exportateurs marocains, dans un contexte de déséquilibre marqué entre l’offre disponible et une demande soutenue.
Sur le terrain, la campagne s’est articulée autour de la séquence classique Dakhla puis Marrakech, cette dernière concentrant actuellement l’essentiel des volumes export. Toutefois, les performances de production sont en recul par rapport à la saison précédente. Dans la région de Marrakech, les opérateurs signalent une baisse significative des rendements et des volumes, liée à une instabilité climatique accrue. Les épisodes de pluies excessives et de grêle, combinés à une pression phytosanitaire plus élevée, notamment fongique, ont affecté la qualité et limité l’accès au marché pour une partie des producteurs.
Cette campagne confirme ainsi une tendance de fond. La filière melon, historiquement dynamique à l’export, fait face à une réduction progressive des superficies cultivées ces dernières années. Si la sécheresse n’a pas constitué le principal facteur limitant en 2026, la variabilité climatique s’impose désormais comme le déterminant majeur des performances agronomiques.
Paradoxalement, cette contraction de l’offre a créé un levier de valorisation important. Les prix à l’export atteignent entre 2,5 et 3 euros le kilogramme, contre 2,2 à 2,5 euros lors de la campagne précédente. Cette hausse s’explique à la fois par la baisse des volumes marocains et par une fenêtre commerciale favorable. Le démarrage tardif des campagnes espagnole et italienne a permis au Maroc de bénéficier d’une concurrence limitée sur les marchés européens en début de saison.
La demande reste concentrée sur les marchés structurants du Royaume, notamment la France, l’Italie, la Suisse et la Belgique, avec une préférence marquée pour les variétés Charentais et Cantaloup. Cette dynamique s’inscrit dans une logique plus large où le Maroc consolide son rôle de fournisseur stratégique de l’Union européenne, notamment pour combler les fenêtres d’approvisionnement hors saison.
À court terme, les signaux prix pourraient encourager un redéploiement des surfaces dès la prochaine campagne. Mais cette perspective reste conditionnée à la capacité des producteurs à gérer un environnement de plus en plus incertain. Comme le souligne un opérateur cité par FreshPlaza, le changement climatique et l’instabilité des conditions de production s’imposent désormais comme des facteurs structurants de la filière.
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Pour les acteurs marocains, l’enjeu dépasse la seule opportunité commerciale. Il s’agit désormais de sécuriser la production par des stratégies agronomiques adaptées, afin de pérenniser la présence du melon marocain sur des marchés européens de plus en plus exigeants.

