Les agriculteurs libanais face à la guerre

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Les agriculteurs libanais face à la guerre
Ph illustration : DR

Les producteurs libanais contraints d’annuler leur participation à Fruit Attraction en raison de la guerre.

La guerre qui s’intensifie au Liban, particulièrement dans le sud du pays et la capitale Beyrouth, entraîne des répercussions profondes sur l’agriculture locale et les exportations. Face à cette situation critique, les exposants libanais ont été contraints d’annuler leur participation au salon Fruit Attraction, qui se tient actuellement à Madrid. Cet événement, clé pour les exportateurs agricoles, devait accueillir cette année un pavillon libanais représentant onze exportateurs, mais la montée des violences et les incertitudes liées au conflit ont bouleversé ces plans.

Hania Chahal, économiste spécialisée dans le secteur agroalimentaire, a recueilli les témoignages poignants des producteurs et exportateurs, touchés de plein fouet par cette guerre. Elle décrit une situation alarmante où les bombardements et combats font rage, perturbant gravement les récoltes et les infrastructures agricoles. « Le sud et le Becá, deux des régions les plus agricoles, sont au cœur des bombardements. Les agriculteurs tentent désespérément de récolter ce qu’ils peuvent, mais les conditions sont extrêmes », explique-t-elle en substance à Freshplaza.

La fermeture des routes et la destruction de nombreuses installations, telles que les serres, rendent les récoltes périlleuses, voire impossibles. La pénurie de main-d’œuvre, aggravée par l’utilisation présumée de phosphore blanc par Israël dans certaines zones, accentue encore les difficultés précise la même source. Cette arme, interdite par le droit international, contamine les sols et les eaux, compromettant les récoltes à long terme.

Malgré ces circonstances dramatiques, certaines cultures comme les oignons, qui nécessitent moins de main-d’œuvre, continuent d’être récoltées à l’aide de machines, contribuant ainsi à la sécurité alimentaire du pays. Cependant, Hania souligne que l’ensemble du secteur agricole est profondément affecté : « Cela ne concerne pas seulement la campagne actuelle, mais bien tout l’avenir agricole du Liban. »

Les exportations libanaises, bien que gravement perturbées, ne sont pas complètement arrêtées. L’aéroport de Beyrouth et certains ports maritimes restent opérationnels, permettant aux producteurs du sud d’acheminer une partie de leurs récoltes vers le nord du pays et à l’étranger. Toutefois, les coûts de transport augmentent en raison des risques liés à la guerre, et les assurances ne couvrent plus les marchandises transitant par les zones de conflit.

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La décision des exportateurs libanais de se retirer de Fruit Attraction est également motivée par des préoccupations sécuritaires. « Beaucoup craignent d’être bloqués à l’étranger si la situation empire, loin de leurs familles », explique Hania. Ce retrait représente un coup dur pour le secteur agricole libanais, qui venait de faire son entrée sur les marchés européens grâce à des programmes de soutien, tels que celui du Centre pour la promotion des importations en provenance des pays en développement (CBI), financé par le gouvernement néerlandais.

« Nous avons travaillé dur ces dernières années pour ouvrir des marchés à nos fruits et légumes, notamment en Europe. C’est un vrai coup dur », regrette Hania. Elle espère cependant que la guerre prendra fin d’ici février, afin de sauver les contrats commerciaux en cours et reprendre les discussions avec les importateurs. « Je continuerai à me battre pour le secteur agricole libanais et à chercher de nouveaux débouchés à l’international », déclare-t-elle avec détermination.

Hania conclut en appelant les partenaires commerciaux à faire preuve de souplesse et de solidarité.

Hania conclut en appelant les partenaires commerciaux à faire preuve de souplesse et de solidarité. Elle encourage les acheteurs à maintenir leurs relations avec les producteurs libanais, soulignant que certains clients acceptent déjà des récoltes anticipées pour soutenir l’activité du pays. « Cela montre qu’il est possible de faire des affaires de manière responsable, même en temps de crise », ajoute-t-elle, exprimant l’espoir que la communauté internationale ne détourne pas les yeux de la situation au Liban.

En attendant, l’agriculture libanaise, pilier essentiel de l’économie du pays, reste en sursis, victime d’un conflit dont personne ne voit encore la fin.

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