Quelle rentabilité pour l’aubergine marocaine en 2026 ?

Par 3 min de lecture Mis à jour Il y a 9 mois
Quelle rentabilité pour l’aubergine marocaine en 2026 ? © DR

La production d’aubergines a connu un recul significatif ces dernières années, en partie à cause d’un contexte climatique difficile et de la pression sur les ressources en eau dans des régions clés comme le Souss‑Massa, qui a conduit certains producteurs à réduire les superficies consacrées aux légumes saisonniers. En 2022, la production d’aubergines a chuté d’environ 24,7 % pour atteindre 61 000 tonnes, plaçant le Royaume au 30e rang mondial des producteurs. Cette baisse illustre les défis structurels liés à l’eau et aux choix de culture dans des zones où la concurrence pour les ressources est forte.

Malgré cette contraction de la production, l’aubergine demeure un produit compétitif sur certains marchés internationaux : les exportations marocaines ont progressé, avec environ 7 000 tonnes expédiées en 2024, générant près de 2,3 millions de dollars, et la Mauritanie, l’Espagne, la France et les Pays‑Bas figurent parmi les destinations.  Sur le marché espagnol, le Maroc est même devenu le premier fournisseur d’aubergines, avec un volume exporté de plus de 621 363 kg en 2024, à un prix moyen d’environ 0,51 € le kilo, bien inférieur à celui des concurrents européens comme la France ou l’Italie.

Sur le marché espagnol, le Maroc est même devenu le premier fournisseur d’aubergines

Cette compétitivité prix, toutefois, ne se traduit pas automatiquement en rentabilité élevée pour les producteurs. Une analyse basée sur les données FAOSTAT révèle que les aubergines marocaines sont vendues autour de 0,27 €/kg, nettement en dessous des prix enregistrés en Espagne (environ 0,73 €/kg) ou aux Pays‑Bas (0,99 €/kg), ce qui suggère que la part de valeur captée par les maraîchers locaux reste faible, notamment face aux coûts de production, de logistique et de commercialisation.

Les facteurs qui influencent cette rentabilité sont multiples. La volatilité des volumes, due à la sécheresse et aux contraintes hydriques, pèse sur l’offre disponible pour l’exportation, tandis que le différentiel de prix avec l’Europe reflète des arbitrages structurels entre accès aux marchés et pression concurrentielle. La faiblesse du prix moyen obtenu par les producteurs marocains par rapport à leurs homologues européens montre aussi que la chaîne de valeur locale capte une part réduite de la valeur finale, même lorsque les volumes exportés augmentent.

Il sera particulièrement intéressant de suivre dans les prochains mois l’évolution des prix de l’aubergine sur les marchés nationaux et internationaux, notamment face aux fluctuations climatiques et aux dynamiques de l’export. Ces variations auront un impact direct sur la rentabilité des producteurs marocains.

Sources : (Lebrief)(Expresstv)(AgriMaroc.ma)

Catégories : Actu' Export, Maraîchage

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont marqués d'un astérisque.