La filière myrtille marocaine confirme sa progression et s’inscrit aujourd’hui parmi les acteurs majeurs de l’exportation mondiale des fruits rouges.
Enterrée au départ comme une culture marginale dans les années 1990, elle a connu une croissance exponentielle : entre 2005 et 2023, les volumes exportés ont grimpé de moins de 2 000 tonnes à plus de 67 000 tonnes, portée par des conditions climatiques adaptées, une irrigation de précision et des investissements structurants dans les régions productrices.
La campagne 2025‑2026, qui démarre à partir de décembre, s’annonce particulièrement dynamique : les acteurs du secteur anticipent une récolte d’environ 80 000 tonnes, un volume record qui traduira la maturité croissante de la filière. Cette estimation repose sur des conditions météorologiques favorables et une augmentation continue des superficies plantées dans des bassins clés comme le Loukkos, le Gharb et le Souss‑Massa, qui profitent d’un climat tempéré et d’un accès logistique privilégié vers l’Europe.
Sur le plan international, la myrtille marocaine gagne du terrain sur les marchés étrangers, notamment en Europe. Selon des données de marché récentes, les exportations vers le Royaume‑Uni ont dépassé 19 000 tonnes entre juillet 2024 et juin 2025, générant quelque 144 millions de dollars et inscrivant une croissance annuelle de l’ordre de 44 %. Cette progression place le Maroc devant plusieurs concurrents européens classiques et illustre l’attrait croissant des myrtilles marocaines sur des segments à forte valeur ajoutée.
Cette expansion s’inscrit dans une stratégie nationale de montée en gamme et de diversification des marchés, qui a permis au Maroc de figurer parmi les quatre premiers exportateurs mondiaux de fruits rouges, aux côtés de grands pays producteurs. La filière totale des fruits rouges – myrtilles, framboises et fraises – a ainsi représenté sur la saison récente plus de 220 000 tonnes exportées à l’échelle mondiale.
Sur le terrain, des opérateurs comme African Blue renforcent leur position en tant que fournisseurs de myrtilles premium pour les marchés européens, depuis des zones comme Moulay Bousselham ou Agadir, où les campagnes s’étalent de novembre à juin, assurant une fenêtre d’approvisionnement durable pour les importateurs.
Malgré cette dynamique, la filière doit aussi composer avec des défis structurels croissants, notamment la gestion de l’eau dans un contexte de stress hydrique chronique, la pression concurrentielle de pays émergents et la nécessité d’intégrer davantage de technologies de productivité et de réduction des coûts. L’adaptation aux exigences réglementaires des marchés d’exportation (qualité, traçabilité, certification) reste également un point d’attention pour maintenir la compétitivité à l’international.
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En décembre 2025, l’état des lieux de la myrtille marocaine est donc celui d’un secteur mature, en forte croissance, conquérant progressivement de nouvelles parts de marché, avec des perspectives favorables pour la campagne 2025‑2026 tout en devant relever les défis liés à l’environnement et à la concurrence mondiale. Ce positionnement stratégique renforce l’importance de la myrtille dans le panorama des cultures exportatrices marocaines et son rôle moteur dans l’économie horticole du pays.
Sources : (L’Économiste)(Le Matin.ma) (Hespress) (African Blue)
