Découverte archéologique majeure au Maroc : L’agriculture à Oued Beht

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Découverte archéologique majeure au Maroc : L’agriculture à Oued Beht

Une nouvelle campagne de fouilles archéologiques au site d’Oued Beht, situé dans la province de Khémisset au Maroc, révèle des éléments fascinants de la préhistoire du Maghreb. Le projet, mené par une équipe britanno-italo-marocaine, s’intéresse à une période cruciale, le Néolithique final, couvrant environ 3400 à 2900 av. J.-C., longtemps négligée par les chercheurs. Ces nouvelles découvertes mettent en lumière des sociétés agricoles, connectées et technologiquement avancées, dont l’importance pour l’histoire régionale et méditerranéenne est désormais incontestable.

Un contexte géographique et climatique exceptionnel.

Le Maghreb est un carrefour stratégique, à la fois saharien et méditerranéen, avec des connexions terrestres et maritimes exceptionnelles. Cette région a longtemps été sous-estimée dans les études de la préhistoire, notamment pour la période c. 4000-1000 av. J.-C. Toutefois, les recherches actuelles révélées dans cambridge montrent que cette zone a joué un rôle clé dans le développement de sociétés complexes à la fin du Néolithique. Grâce à un climat plus humide que le reste de l’Afrique du Nord, le Maghreb a pu maintenir des pratiques agricoles, même à une époque où le continent subissait une aridification généralisée.

Le site d’Oued Beht, découvert dans les années 1930, a longtemps été associé à une abondance d’outils en pierre et en métal. Cependant, les recherches archéologiques menées jusqu’à récemment n’ont fourni que peu d’informations sur la nature des sociétés ayant habité ces lieux. Depuis 2021, le projet Oued Beht, en combinant fouilles, datation au radiocarbone et analyses de matériel, a révélé des données significatives. Les archéologues ont ainsi exhumé des fosses profondes utilisées comme silos de stockage, de la poterie sophistiquée et des restes d’agriculture, notamment des traces d’orge, de blé et de pois domestiqués.

Ces découvertes fournissent une preuve tangible de l’existence de sociétés agricoles avancées, connectées aux grandes civilisations méditerranéennes et sahariennes. Les récentes fouilles montrent que le Maghreb a accueilli une culture matérielle remarquable, comparable à celle de la péninsule Ibérique et des autres régions méditerranéennes de l’époque.

Oued Beht, un site d’une ampleur exceptionnelle.

Le site d’Oued Beht s’étend sur 19,5 hectares et a révélé près de 20 000 artefacts lors de l’étude de surface de 2022, parmi lesquels des fragments de poterie, des outils en pierre taillée et des haches polies. Cette densité d’artefacts est sans précédent en Afrique du Nord pour cette période. Les chercheurs ont identifié une concentration d’objets sur une zone de 9 à 10 hectares, suggérant l’existence d’un centre d’activité majeur durant le Néolithique final.

Les objets mis au jour, notamment la poterie peinte et engobée, témoignent d’une maîtrise technologique remarquable. Des parallèles ont été établis avec des découvertes faites dans le sud de l’Espagne et d’autres régions méditerranéennes, renforçant l’hypothèse de relations commerciales et culturelles transcontinentales. Ces nouvelles preuves confirment que le Maghreb n’était pas isolé, mais bien une région dynamique et connectée à son environnement méditerranéen.

Les fouilles menées jusqu’à présent n’ont fait qu’effleurer la richesse du site d’Oued Beht. L’équipe archéologique s’efforce désormais de mieux comprendre la structure sociale et économique de ces sociétés néolithiques. Des analyses plus approfondies des fosses, des restes fauniques et des pratiques agricoles sont prévues, avec un focus sur les relations entre ces sociétés et leurs voisins méditerranéens et sahariens.

L’importance de cette recherche va bien au-delà de la simple compréhension de la préhistoire du Maghreb. En éclairant une période mal connue, ces travaux permettent de reconsidérer le rôle de l’Afrique du Nord dans l’émergence des civilisations méditerranéennes. Le site d’Oued Beht, avec sa culture matérielle riche et ses preuves d’agriculture avancée, pourrait bien redéfinir notre compréhension des échanges intercontinentaux à la fin du Néolithique.

 

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