Thrips parvispinus détecté dans toutes les zones de production de poivron d’Almería en Espagne

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Thrips parvispinus détecté dans toutes les zones de production de poivron d’Almería en Espagne © agrireseau

La présence de Thrips parvispinus est désormais signalée dans l’ensemble des zones productrices de poivron d’Almería, en Espagne. L’alerte ne signifie pas que toutes les exploitations sont infestées, mais confirme une diffusion géographique préoccupante au moment où s’achèvent les opérations de transplantation. 

La nouvelle campagne de poivron débute sous forte pression phytosanitaire dans la province espagnole d’Almería. Le 26 août 2026, le Réseau d’alerte et d’information phytosanitaire d’Andalousie, la RAIF, a indiqué que Thrips parvispinus commençait à être détecté dans les serres de « toutes les zones productrices » de la province précise Hortoinfo.

Cette formulation doit être interprétée avec précision. Elle atteste une extension du ravageur à l’échelle des différents bassins de production d’Almería, mais ne permet pas d’affirmer que chaque serre ou chaque exploitation est touchée. Elle suffit néanmoins à placer l’ensemble de la filière sous vigilance, alors que la phase de transplantation du poivron arrive à son terme.

Un ravageur invasif particulièrement préoccupant sur poivron

Originaire d’Asie du Sud-Est, Thrips parvispinus, également appelé thrips du tabac, est un insecte invasif capable de se développer sur de nombreuses plantes maraîchères, fruitières et ornementales. En Europe, le poivron figure parmi ses principaux hôtes.

La résolution publiée en avril 2026 par le gouvernement andalou souligne que la biologie et l’écologie de ce ravageur diffèrent sensiblement de celles de Frankliniella occidentalis, le thrips occidental des fleurs déjà bien connu des producteurs. Les stratégies établies contre ce dernier ne peuvent donc pas être transposées automatiquement à T. parvispinus.

Au cours de la campagne 2025-2026, l’augmentation de la pression du ravageur avait déjà conduit à l’arrachage de certaines plantations de poivron en Andalousie. Sa présence avait également été observée sur aubergine, concombre et courgette, espèces susceptibles de servir d’hôtes secondaires et de contribuer au maintien des populations entre deux cycles culturaux.

L’importance économique du problème apparaît dans le dispositif d’aide annoncé par la Junta de Andalucía. Une enveloppe de 2,9 millions d’euros a été prévue pour les exploitants ayant dû arracher la totalité de leur culture de poivron. Elle doit bénéficier à 216 producteurs d’Almería et à dix producteurs de Grenade.

Inspections et sanctions contre les mauvaises pratiques d’arrachage

Les autorités andalouses ont rendu obligatoires plusieurs mesures destinées à empêcher le passage du ravageur d’une serre ou d’un cycle cultural à l’autre. Elles concernent notamment la fermeture des ouvertures, le piégeage chromatique autour des serres, le traitement du couvert végétal avant arrachage, l’élimination ou le broyage des résidus et le nettoyage des structures avant la mise en place de la culture suivante.

À la fin du mois de juillet, 597 inspections avaient été réalisées dans les exploitations d’Almería pour contrôler les opérations d’arrachage. Selon les chiffres officiels, 209 procédures de sanction avaient été engagées pour non-respect des mesures imposées ou création de risques phytosanitaires pour les exploitations voisines.

La RAIF recommande parallèlement l’application précoce d’un protocole de lutte biologique. Celui-ci repose notamment sur l’installation d’acariens prédateurs comme Amblyseius swirskii, Transeius montdorensis ou Amblydromalus limonicus. Des auxiliaires agissant au niveau du sol, où se trouvent les stades prépupe et pupe du thrips, peuvent compléter le dispositif. Le choix des organismes, les doses et le calendrier doivent toutefois être adaptés aux conditions de la serre et placés sous supervision technique.

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