Poire : la production européenne reculerait en Espagne, en France et en Belgique

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Poire : la production européenne reculerait en Espagne, en France et en Belgique © Sherwood Farm - PH : Freshplaza
Poire Rosemary select /

La prochaine campagne européenne de la poire s’annonce contrastée. Les premières estimations dévoilées lors du Congrès international Interpera 2026, organisé les 25 et 26 juin à Ferrare en Italie, font état d’une baisse de la production dans plusieurs grands pays producteurs, alors que le Portugal devrait enregistrer une progression significative.

Selon les prévisions présentées lors de cette rencontre internationale, l’Espagne devrait récolter 251.265 tonnes de poires au cours de la campagne 2026/2027, soit une diminution de 6 % par rapport à la campagne précédente. La France connaîtrait un recul similaire avec une production estimée à 143.000 tonnes, tandis que la Belgique enregistrerait une baisse plus marquée de 7 %, pour atteindre 363.875 tonnes.

À l’inverse, le Portugal devrait voir sa récolte progresser de 13 %, avec une production attendue de 130.500 tonnes. L’Italie et les Pays Bas n’ont pas encore communiqué d’estimation officielle pour la prochaine campagne.

Au-delà des volumes, les professionnels réunis à Interpera ont souligné que la campagne sera fortement influencée par plusieurs facteurs économiques et techniques. L’augmentation continue des coûts de production, les difficultés liées à la protection phytosanitaire, la disponibilité de la main d’œuvre, l’adaptation variétale ainsi que l’accès à l’eau figurent parmi les principales préoccupations du secteur.

Manel Simón, directeur de l’association catalane AFRUCAT, a estimé que « le secteur européen de la poire aborde une campagne techniquement complexe ». Selon lui, les tensions géopolitiques continuent d’alimenter la hausse des prix des intrants, notamment des engrais et de l’énergie, tandis que les producteurs sont confrontés à une pénurie croissante de main d’œuvre qualifiée.

De son côté, Joan Serentill, président du comité pomme et poire d’AFRUCAT et de FEPEX, a souligné que le durcissement du cadre réglementaire européen et les restrictions concernant les moyens de lutte contre les ravageurs rendent aujourd’hui la production de poires particulièrement exigeante.

Les échanges d’Interpera ont également confirmé les profondes évolutions structurelles que connaît la filière européenne. Les superficies consacrées aux vergers de poiriers poursuivent leur recul en Italie, diminuent légèrement en Espagne et au Portugal, tandis qu’elles restent relativement stables en Belgique et aux Pays Bas. La France constitue l’une des rares exceptions avec une évolution positive de ses surfaces.

En 2025, l’Italie demeurait le premier producteur européen en superficie avec 19.576 hectares, devant l’Espagne (17.722 hectares), la Belgique (10.834 hectares), le Portugal (10.230 hectares, données 2024), les Pays Bas (9.979 hectares) et la France (6.200 hectares).

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Sur le plan variétal, la Conference conserve sa position dominante en Belgique et aux Pays Bas. Le Portugal reste largement spécialisé dans la variété Rocha, tandis que l’Espagne et l’Italie présentent un portefeuille variétal plus diversifié, comprenant notamment Conference, Williams, Ercolini, Guyot Limonera, Blanquilla ou encore Abate Fetel.

Les conditions climatiques ont également pesé sur les perspectives de récolte. L’Espagne a subi localement des épisodes de gel, de grêle, d’orages ainsi que des vagues de chaleur atteignant près de 40 °C durant les mois de mai et juin. La France a été confrontée à des épisodes de chaleur pendant la floraison et la nouaison, tandis que le Portugal a signalé des dégâts localisés dus au gel et à la grêle. Les Pays Bas et l’Italie ont, quant à eux, fait état d’impacts climatiques plus limités.

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Pour les opérateurs marocains, ces premières estimations méritent une attention particulière. L’Espagne demeure l’un des principaux fournisseurs de poires du marché marocain. Une baisse de la production dans plusieurs pays européens pourrait influencer les disponibilités exportables, les niveaux de prix ainsi que les flux commerciaux au cours de la campagne 2026/2027, même si ces projections devront être confirmées à mesure de l’avancement de la récolte.

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