Dans la région Souss-Massa, le secteur agricole traverse une période critique. Malgré son rôle stratégique en matière de sécurité alimentaire et de génération de devises, l’agriculture locale est confrontée à de nombreux défis, dont le principal reste la rareté de l’eau.
Al Akhbar, dans son édition du vendredi 21 février, a dressé un bilan détaillé de la situation. La région Souss-Massa est reconnue comme un pilier de l’agriculture marocaine, notamment pour sa production d’agrumes, représentant 40 % de la production nationale, et de fruits et légumes, constituant entre 80 et 90 % des exportations agricoles du pays. La région fournit également environ 35 % des besoins nationaux en lait avec comme principal pourvoyeur, la coopérative emblème de la région, la COPAG.
L’agriculture solidaire y joue un rôle central, favorisant la diversité des filières de production et créant de nombreuses opportunités d’emploi dans des produits locaux tels que le safran, les noix, les amandes, l’huile d’argan et le miel. Cependant, malgré cette position de leader, le secteur agricole de Souss-Massa rencontre de grandes difficultés.
Le principal défi auquel la région est confrontée est la rareté de l’eau d’irrigation. Cette situation a conduit à l’abandon de nombreuses exploitations agricoles dans les plaines de Chtouka, El Guerdane et Taroudant. Bien que la station de dessalement d’eau de mer de Chtouka Aït Baha ait commencé à fournir de l’eau pour l’irrigation, cela demeure insuffisant pour répondre à l’ensemble des besoins agricoles de la région. Certaines zones continuent de souffrir d’un manque d’eau significatif, menaçant l’avenir de nombreuses exploitations.
Youssef Jbaha, président de la Chambre d’agriculture de la région Souss-Massa, souligne les contraintes liées à la faible superficie géographique et à la multiplicité des intervenants, posant des problèmes majeurs pour les ressources humaines. De plus, les cultures de la région sont périodiquement affectées par des maladies et des virus, ainsi que par les changements climatiques ayant un impact significatif sur le secteur.
Les agriculteurs des bassins d’El Guerdane et Taroudant attendent avec impatience la construction d’une station de dessalement d’eau de mer dans la province de Tiznit. Les études techniques relatives à ce projet, en cours depuis un certain temps, pourraient également apporter une solution partielle aux problèmes d’irrigation pour les agriculteurs de la province de Taroudant, qui dépendent actuellement du barrage Aoulouz pour de maigres quantités d’eau. Malheureusement, le niveau de remplissage de ce barrage est en forte diminution, exacerbant la pénurie d’eau.
