La chaleur met à l’épreuve la régularité du maraîchage

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Dans le Souss-Massa, les épisodes de chaleur fragilisent les cultures maraîchères et compliquent la préparation de la campagne 2026-2027. Au-delà des volumes récoltés, l’enjeu porte sur la qualité des fruits, la continuité des approvisionnements et le coût de l’adaptation des exploitations.

Selon Les Inspirations Éco, dont Le360 reprend les informations dans une revue de presse publiée le 5 octobre, la persistance de fortes chaleurs pèse sur les perspectives agricoles. Amine Amanatoullah, de la Fédération interprofessionnelle des fruits et légumes, y est cité au sujet de la vulnérabilité des tomates, poivrons et concombres. Le constat concerne notamment le Souss-Massa, bassin majeur du maraîchage exportateur marocain. La source consultée décrit des risques, sans fournir de bilan chiffré des pertes pour la campagne qui s’ouvre.

Pour comprendre ces tensions, il faut revenir au fonctionnement de la plante. Dans une synthèse publiée en janvier 2024 dans Frontiers in Plant Science, Salvatore Graci et Amalia Barone, de l’Université de Naples Federico II, expliquent que les températures excessives affectent la croissance et les processus reproductifs de la tomate. La floraison et la nouaison, c’est-à-dire le passage de la fleur au jeune fruit, constituent des étapes particulièrement sensibles. La durée de l’exposition compte autant que l’intensité du stress thermique.

Les mécanismes décrits par les chercheurs comprennent la chute des fleurs, les perturbations du développement des organes reproducteurs et une moindre germination du pollen. Une culture peut ainsi rester en place tout en formant moins de fruits. Ces travaux éclairent le risque agronomique évoqué au Maroc ; ils ne permettent toutefois pas de quantifier ses conséquences dans les exploitations du Souss-Massa. Pour cela, il faudrait disposer de mesures locales, portant sur les températures réellement subies, les variétés cultivées et les résultats de récolte.

L’accès à l’eau constitue l’autre dimension du problème. Le guide de la FAO consacré aux bonnes pratiques des cultures légumières sous serre en climat méditerranéen traite conjointement la maîtrise du climat, les besoins hydriques et la conduite de l’irrigation. Il décrit notamment des méthodes de pilotage fondées sur l’estimation des pertes d’eau des plantes à partir de variables environnementales, comme la température et le rayonnement solaire. L’objectif est d’ajuster les apports aux besoins de la culture.

Pour une exploitation, cette approche implique de rapprocher les observations climatiques de la conduite quotidienne des irrigations. La question ne se résume donc pas au volume d’eau disponible sur une campagne : elle concerne aussi la capacité à apporter cette eau au moment nécessaire. Le même ouvrage souligne que les solutions techniques doivent être adaptées aux conditions locales. Transposer un équipement ou un modèle de serre sans tenir compte de son environnement ne suffit pas à garantir son efficacité.

Sur le plan économique, Les Inspirations Éco, cité par Le360, évoque également le renchérissement des intrants, les difficultés liées au ToBRFV et les investissements destinés à limiter les effets du vent chaud et sec. Ces contraintes se cumulent avec les besoins supplémentaires d’irrigation. Aucun montant consolidé n’est présenté dans la revue de presse pour mesurer leur poids sur les coûts de production. Il reste donc nécessaire de distinguer les tensions rapportées d’une évolution chiffrée des marges.

Cette distinction est essentielle pour apprécier la campagne à venir. Un risque sur la nouaison, une dépense d’équipement et une variation du prix de vente ne renseignent pas sur la même chose. Leur suivi permettrait de mieux comprendre où se situe la fragilité d’une exploitation : dans sa capacité à produire, dans le coût de cette production ou dans sa valorisation commerciale.

Pour le maraîchage marocain, le sujet appelle ainsi un suivi technique et économique précis. Les alertes rapportées constituent un signal de vigilance. Leur traduction en pertes de rendement, en déclassements de fruits ou en surcoûts devra être documentée au fil de la campagne, afin d’évaluer les effets réels de la chaleur et l’efficacité des adaptations engagées.

Sources :
Le360 : Canicule: le maraîchage sous tension
FAO : Good Agricultural Practices for greenhouse vegetable crops
Frontiers : Tomato plant response to heat stress: a focus on candidate genes for yield-related traits

Catégories : Actu' Locale, Arboriculture, Cultures, Fruits & Légumes, Maraîchage

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