Les achats espagnols de fruits et légumes marocains ont atteint 950 millions d’euros au premier semestre 2026. Malgré un recul de 7 % des volumes, leur valeur progresse de 6 %, révélant une nette hausse de la valeur moyenne des produits expédiés depuis le Royaume.
Le Maroc conforte sa place stratégique dans l’approvisionnement du marché espagnol en fruits et légumes. Entre janvier et juin 2026, l’Espagne a importé 351 118 tonnes de produits horticoles marocains pour une valeur totale de 950 millions d’euros, selon les données publiées par la Fédération espagnole des associations de producteurs-exportateurs de fruits, légumes, fleurs et plantes vivantes (FEPEX).
Le Royaume demeure ainsi le premier fournisseur extracommunautaire de l’Espagne en valeur, loin devant le Pérou, dont les ventes ont atteint 289 millions d’euros, et le Costa Rica, avec 182 millions d’euros. À lui seul, le Maroc représente près de 43 % de la valeur des importations espagnoles provenant de pays tiers et environ 31 % de l’ensemble des achats horticoles réalisés par l’Espagne à l’étranger.
Cette progression présente toutefois une configuration particulière. Les volumes importés depuis le Maroc ont diminué de 7 % par rapport au premier semestre 2025, tandis que leur valeur a augmenté de 6 %. Les expéditions marocaines sont donc moins importantes en tonnage, mais sensiblement mieux valorisées.
D’après un calcul réalisé par AgriMaroc à partir des chiffres de la FEPEX, la valeur moyenne des importations espagnoles en provenance du Royaume s’établit autour de 2 706 euros par tonne au premier semestre 2026. Elle était proche de 2 374 euros par tonne un an auparavant. Cela correspond à une progression d’environ 14 % en douze mois.
Cette évolution ne permet pas, à elle seule, d’identifier les facteurs responsables de la hausse. Celle-ci peut notamment dépendre de la composition des produits importés, du calendrier des campagnes, des disponibilités sur les marchés ou encore des prix négociés. Les données globales communiquées par la FEPEX ne fournissent pas de ventilation permettant d’attribuer précisément cette progression à une culture particulière.
Les pays tiers dominent désormais les achats espagnols
Au total, l’Espagne a importé 2,5 millions de tonnes de fruits et légumes au premier semestre 2026, pour une valeur de 3,086 milliards d’euros. Les achats progressent de 6,8 % en volume et de 4,4 % en valeur par rapport à la même période de 2025.
Les fournisseurs situés hors de l’Union européenne ont livré 1,4 million de tonnes, pour 2,23 milliards d’euros. Ils représentent désormais 54 % des volumes, mais surtout plus de 72 % de la valeur totale des importations espagnoles. Cette différence traduit une valeur moyenne sensiblement plus élevée des produits achetés auprès des pays tiers.
À l’inverse, les États membres de l’Union européenne ont fourni 1,18 million de tonnes, soit 46 % des volumes importés, mais seulement 856 millions d’euros, correspondant à 28 % de la valeur. La France reste le premier fournisseur communautaire en volume avec 657 918 tonnes, devant les Pays-Bas, le Portugal et l’Italie.
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Pour les filières marocaines, les chiffres du premier semestre confirment l’importance commerciale du débouché espagnol. La proximité géographique, les infrastructures logistiques et la complémentarité de certains calendriers de production placent le Royaume au cœur de l’approvisionnement horticole de la péninsule Ibérique. La hausse de la valeur moyenne constitue également un signal favorable, même si elle devra être analysée produit par produit pour déterminer si elle traduit une montée en gamme durable, une modification du panier exporté ou un effet conjoncturel des prix.
Cette progression intervient néanmoins dans un environnement commercial sensible. Face au poids croissant des fournisseurs extracommunautaires, la FEPEX réclame à l’Union européenne de préserver la compétitivité des producteurs européens et d’appliquer plus efficacement le principe de réciprocité dans les accords conclus avec les pays tiers. Pour les exportateurs marocains, le maintien de cette position passera donc par la conformité sanitaire, la traçabilité, le respect des cahiers des charges européens et la capacité à sécuriser une offre régulière et valorisée.

