France : canicules et sécheresse plongent l’agriculture dans une crise majeure

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France : canicules et sécheresse plongent l’agriculture dans une crise majeure © DR

L’agriculture française traverse un été 2026 particulièrement éprouvant. La succession des vagues de chaleur et la persistance de la sécheresse ont fortement endommagé les cultures maraîchères, les grandes cultures, les prairies et les élevages. Le gouvernement français a annoncé un plan d’urgence, mais l’évaluation définitive des pertes ne devrait être disponible qu’à la fin du mois d’août.

Dans les bassins légumiers de Bretagne, des Pays de la Loire et de la façade atlantique, les cultures de plein champ non irriguées figurent parmi les plus touchées. Selon Cyril Pogu, coprésident de Légumes de France, les brocolis, les artichauts et une grande partie des jeunes plants de choux-fleurs non irrigués ont été détruits en Bretagne. Les plantations de salades et de carottes réalisées après la première vague de chaleur n’ont pas résisté à l’épisode caniculaire suivant.

Cette situation provoque déjà des tensions sur l’offre de laitues, de jeunes pousses et de radis. Certaines coopératives ont réduit leurs activités de conditionnement et renvoyé des travailleurs saisonniers. L’installation d’un hectare de légumes peut représenter un investissement compris entre 15.000 et 25.000 euros, ce qui expose directement la trésorerie des exploitations touchées.

Le maïs subit également des pertes historiques. La floraison étant intervenue pendant la vague de chaleur de juillet, les températures élevées ont perturbé la viabilité du pollen et le remplissage des grains. D’après Agreste, la production française de maïs grain, semences comprises, devrait reculer de 35 % pour s’établir à neuf millions de tonnes, son niveau le plus bas depuis 1980. Le rendement moyen est estimé à 70,3 quintaux par hectare. La récolte de blé tendre atteindrait, pour sa part, 31,9 millions de tonnes, en baisse de 4,3 %.

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L’élevage n’est pas épargné. La pousse cumulée des prairies affiche un déficit d’environ 30 % par rapport à la moyenne 1989-2018, obligeant certains éleveurs à utiliser prématurément les réserves de fourrage destinées à l’hiver. La chaleur peut aussi entraîner une diminution de la production laitière allant jusqu’à 30 %. Dans l’Ouest, entre deux et trois millions de volailles auraient succombé lors de la canicule de juin.

Pour les filières marocaines, cette crise française rappelle l’importance stratégique de la maîtrise de l’irrigation, de la sécurisation des stocks fourragers et de l’adaptation des calendriers culturaux face à la répétition des stress thermiques.

Source : AFP

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