Le dernier rapport publié par Hortoinfo sur la base des statistiques Euroestacom (ICEX-Eurostat) met en lumière une évolution contrastée du marché européen de la courgette.
Alors que les exportations espagnoles vers l’Union européenne ont bondi de 26,16 % en dix campagnes, celles du Maroc ont reculé de 25,4 % sur la même période.
Maroc, deuxième fournisseur du marché européen, a exporté 36,3 millions de kilos, soit 7,3 % du total
Entre le 1ᵉʳ septembre 2024 et le 31 août 2025, le volume total de courgettes importées par les États membres de l’Union européenne a atteint 493,9 millions de kilos, pour une valeur estimée à près de 6,74 milliards de dirhams, soit un prix moyen de 13,6 dirhams le kilo.
Dans ce volume, le Maroc, deuxième fournisseur du marché européen, a exporté 36,3 millions de kilos, soit 7,3 % du total, pour une valeur de 366 millions de dirhams et un prix moyen de 10 dirhams le kilo. Ces volumes restent significatifs, mais traduisent un recul marqué sur dix campagnes, alors que le pays livrait encore près de 49 millions de kilos en 2015/2016.
Une filière marocaine en mutation
Malgré cette baisse, le Maroc conserve des atouts stratégiques majeurs : proximité géographique, savoir-faire technique, main-d’œuvre qualifiée et climat hivernal favorable à une production hors saison.
Les opérateurs marocains renforcent leur position sur les niches à forte valeur ajoutée : courgettes biologiques, zéro résidu, mini-courgettes ou productions certifiées GLOBALG.A.P. destinées à l’export.
L’évolution du marché européen pousse également à repenser la compétitivité par la qualité et la durabilité plutôt que par le volume.
Lire aussi : Les exportations agricoles dépassent les 30 milliards de dirhams
Les acheteurs européens recherchent de plus en plus des produits traçables, respectueux des normes environnementales et issus de systèmes d’irrigation économes. Les producteurs marocains qui anticipent cette demande s’assurent déjà une place durable dans les circuits premium.
Une filière à défendre
La baisse des exportations marocaines de courgettes sur dix campagnes ne doit pas masquer la solidité de la filière nationale.
Le Royaume dispose des bases pour rebondir : un positionnement stratégique aux portes de l’Europe, une expérience reconnue dans les cultures maraîchères d’exportation et une volonté affirmée de transition durable.
Pour les producteurs du Souss-Massa, cette période constitue un moment charnière : celui d’une adaptation nécessaire pour maintenir la courgette marocaine parmi les références du marché européen, tout en préparant l’avenir d’une agriculture plus résiliente et durable.

