À l’approche de la campagne agricole 2026-2027, la prudence domine parmi les professionnels interrogés par AgriMaroc. Selon les résultats d’un sondage publié sur la page LinkedIn de la plateforme, 64 % des répondants se déclarent inquiets quant aux mois à venir.
Dans le détail, 43 % des participants se disent « plutôt inquiets » et 21 % « très inquiets ». À l’inverse, 21 % affichent une relative confiance et 14 % se déclarent « très confiants ». Ces résultats traduisent un état d’esprit partagé entre l’espoir suscité par le retour des précipitations et la persistance de plusieurs facteurs d’incertitude.
Les pluies ne suffisent pas à dissiper les inquiétudes
L’amélioration des conditions pluviométriques constitue un signal favorable pour les producteurs. Elle peut contribuer à restaurer l’humidité des sols, soutenir les semis et améliorer les perspectives des cultures pluviales. Elle ne permet toutefois pas, à elle seule, de sécuriser l’ensemble de la campagne.
Les professionnels doivent également tenir compte de la disponibilité effective des ressources en eau, qui demeure déterminante pour les cultures irriguées. Le niveau des réserves, les conditions d’accès à l’eau et l’évolution des restrictions peuvent peser sur les choix d’assolement, les superficies cultivées et les investissements à engager.
À cette incertitude hydrique s’ajoute la question des coûts de production. Semences, engrais, produits de protection des cultures, énergie, irrigation et main-d’œuvre constituent autant de postes que les exploitants doivent anticiper avant le lancement de la campagne. La rentabilité dépendra également des rendements obtenus et des conditions de commercialisation.
Des décisions de campagne plus difficiles à arrêter
L’inquiétude exprimée dans le sondage ne signifie pas nécessairement que les agriculteurs renoncent. Elle peut plutôt refléter une difficulté croissante à prendre des décisions dans un environnement marqué par plusieurs variables simultanées.
Pour les exploitations, la préparation de la campagne implique notamment d’ajuster les surfaces et les cultures aux ressources réellement disponibles, tout en maîtrisant les charges. La visibilité sur les marchés devient également centrale, car une production techniquement réussie ne garantit pas automatiquement une rémunération suffisante.
La proportion de professionnels se déclarant confiants reste néanmoins significative. Plus d’un répondant sur trois aborde ainsi la campagne avec un niveau de confiance positif. Ce résultat laisse apparaître des situations probablement contrastées selon les régions, les filières, les systèmes de production et l’accès à l’irrigation.
Ce sondage constitue une photographie de l’état d’esprit de la communauté professionnelle d’AgriMaroc sur LinkedIn. Il ne s’agit pas d’une enquête statistiquement représentative de l’ensemble des agriculteurs marocains. Il met toutefois en évidence un signal clair : malgré des éléments encourageants, la campagne 2026-2027 est abordée avec vigilance par une majorité des répondants.
