Alors que les importations globales d’agrumes en Espagne ont reculé de 16 % durant la campagne 2024/25, le Maroc s’est imposé comme le principal fournisseur de petits agrumes (mandarines, clémentines) hors Union européenne. Une performance remarquable qui confirme la montée en puissance du Royaume sur le marché européen, dans un contexte de recomposition des flux commerciaux et de pression sur les producteurs espagnols.
Une percée marocaine dans un marché en mutation
Selon les données du ministère espagnol de l’Agriculture, de la Pêche et de l’Alimentation, les importations de petits agrumes en provenance du Maroc ont bondi de 190 % par rapport à la campagne précédente, et de 152 % par rapport à la moyenne des cinq dernières années. Le Royaume représente désormais 48 % des importations extra-UE de petits agrumes en Espagne, devant l’Afrique du Sud (+240 %).
Cette dynamique s’inscrit dans un contexte où les importations d’oranges — historiquement dominantes — ont fortement chuté, notamment en provenance d’Égypte (-72,7 %) et d’Argentine (-50 %). Les petits agrumes, plus flexibles en termes de calendrier et de logistique, gagnent ainsi dix points de parts de marché.
Une concurrence directe avec les producteurs espagnols
La montée en puissance du Maroc sur le segment des petits agrumes n’est pas sans conséquences pour les producteurs espagnols. Les variétés marocaines entrent en concurrence directe avec les extra-précoces espagnoles (clemenrubí, oronul), dont la commercialisation débute dès septembre.
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Pour le Maroc, cette progression sur le marché espagnol confirme la compétitivité de sa filière agrumicole, portée par des investissements dans la qualité, la logistique et la diversification variétale. Elle illustre aussi la capacité du Royaume à s’adapter aux calendriers européens, en offrant des produits frais et calibrés à des moments clés de la saison.
Dans un contexte de tension sur les marchés agricoles européens, le Maroc consolide sa position comme acteur stratégique du bassin méditerranéen, capable de répondre à la demande tout en renforçant ses parts de marché. Cette dynamique pourrait également ouvrir la voie à une valorisation accrue des agrumes marocains sur d’autres marchés européens, à condition de maintenir les standards de qualité et de traçabilité exigés.
La campagne 2024/25 marque un tournant dans les échanges agrumicoles entre le Maroc et l’Espagne. Tandis que les importations globales reculent, les petits agrumes marocains s’imposent comme une alternative compétitive et fiable. Pour les producteurs marocains, c’est une opportunité à consolider. Pour les Espagnols, un défi à relever. Le marché européen des agrumes entre dans une nouvelle phase, où la qualité, la réactivité et la maîtrise des coûts feront la différence.
