Adaptation climatique : les agriculteurs privilégient les variétés tolérantes

Par 4 min de lecture Mis à jour Il y a 6 mois
Adaptation climatique : les agriculteurs privilégient les variétés tolérantes

Face à l’intensification des aléas climatiques, les producteurs ajustent progressivement leurs stratégies culturales.

Un sondage réalisé par AgriMaroc met en lumière cette évolution en révélant que le choix de variétés plus tolérantes constitue désormais la principale réponse agronomique.

Sur l’ensemble des participants, 47 % déclarent privilégier cette option, devant l’ajustement des dates de semis qui recueille 33 % des réponses, tandis que le renforcement de l’irrigation arrive en troisième position avec 20 %.

Aucun répondant n’indique maintenir ses pratiques sans changement majeur, signe d’une adaptation généralisée aux nouvelles contraintes climatiques.

priorité accordée au matériel végétal

Cette priorité accordée au matériel végétal traduit une transformation progressive des systèmes de production, particulièrement dans les zones pluviales où la dépendance aux précipitations reste forte. Dans ces conditions, l’introduction de variétés plus tolérantes à la sécheresse ou aux stress thermiques apparaît comme une solution accessible et rapide à mettre en œuvre, comparativement aux investissements lourds liés à l’irrigation. Le contexte marocain renforce cette tendance, l’agriculture nationale étant majoritairement pluviale, ce qui accentue la sensibilité aux variations interannuelles des pluies. Selon les données générales sur la structure agricole, près de 83 % de la surface agricole utile se situe en zones non irriguées, rendant les performances fortement dépendantes des conditions climatiques.

Les travaux de recherche menés au Maroc confirment l’intérêt croissant pour l’amélioration variétale. L’Institut National de la Recherche Agronomique met régulièrement en avant le développement de nouvelles variétés adaptées aux conditions de stress hydrique, capables de maintenir des niveaux de rendement plus stables. Dans une communication récente, l’institution souligne le potentiel de « nouvelles variétés tolérantes à la sécheresse » visant à renforcer la résilience des systèmes agricoles face aux conditions climatiques contraignantes.

Le résultat du sondage confirme également l’importance de l’ajustement des dates de semis, deuxième stratégie citée par les agriculteurs. Cette pratique agronomique permet de mieux synchroniser les phases sensibles des cultures avec les périodes les plus favorables en termes d’humidité du sol et de températures. Dans les céréales d’automne par exemple, l’adaptation du calendrier de semis permet de limiter l’exposition aux stress hydriques en fin de cycle. Cette approche, peu coûteuse, reste largement recommandée par les conseillers agricoles dans les régions soumises à une forte variabilité pluviométrique.

Le renforcement de l’irrigation, bien que cité par un répondant sur cinq, demeure contraint par la disponibilité des ressources en eau. Les épisodes répétés de sécheresse et la pression sur les barrages limitent les possibilités d’extension de l’irrigation dans de nombreuses zones. La Banque mondiale souligne d’ailleurs que les agriculteurs marocains se tournent vers des solutions combinant plusieurs leviers d’adaptation, notamment l’optimisation des variétés, l’amélioration des pratiques culturales et la gestion plus efficiente de l’eau. L’institution indique que « les agriculteurs marocains adoptent de plus en plus des techniques de production résilientes » face à la variabilité climatique croissante.

Lire aussi : Décision agronomique : les agriculteurs marocains privilégient l’échange entre pairs

Ces résultats illustrent une évolution des décisions agronomiques vers des stratégies combinées, où le choix variétal constitue souvent le premier niveau d’adaptation. Cette orientation s’explique par sa facilité de mise en œuvre, son coût relativement limité et son impact direct sur la stabilité des rendements. Elle s’inscrit également dans les recommandations techniques visant à renforcer la résilience des exploitations, notamment dans les systèmes céréaliers, oléagineux et fourragers dominants dans plusieurs régions du Royaume.

Le sondage AgriMaroc met ainsi en évidence une agriculture marocaine en transition, où les producteurs intègrent progressivement l’incertitude climatique dans leurs décisions techniques. Le recours accru aux variétés tolérantes, combiné à l’ajustement du calendrier cultural et à une gestion plus raisonnée de l’eau, confirme l’émergence d’une approche agronomique plus flexible. Cette dynamique traduit une adaptation pragmatique du terrain face aux changements climatiques, avec des choix techniques orientés vers la sécurisation des rendements et la durabilité des systèmes de production.

Sources : https://fr.wikipedia.org/wiki/Agriculture_au_Maroc
https://www.inra.org.ma/fr/content/20052024-agriculture-resiliente-et-eco-efficiente-le-rendement-de-nouvelles-varietes
https://www.banquemondiale.org/fr/news/feature/2023/12/20/moroccan-farmers-search-for-solutions-in-the-face-of-climate-change

 

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