Une polémique récente initiée par une association française de défense des consommateurs a relancé le débat sur la présence supposée de résidus de pesticidesdans les tomates importées, notamment marocaines et espagnoles, destinées au marché français. Face à ces allégations, l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA) a répondu fermement pour défendre la fiabilité et la conformité sanitaire des exportations marocaines.
Réponse de l’ONSSA
L’ONSSA affirme appliquer un dispositif de sécurité sanitaire rigoureux, aligné sur les standards internationaux les plus exigeants. L’organisme cité par Hespress rappelle que les normes marocaines relatives aux résidus de pesticides sont harmonisées avec celles du Codex Alimentarius, de l’Union européenne, des États-Unis et du Canada, et que les pesticides autorisés au Maroc suivent un processus d’homologation strict. L’Office insiste sur le fait que les substances actives utilisées au Maroc sont également autorisées dans l’Union européenne, garantissant selon lui une cohérence des exigences de protection des consommateurs à l’échelle nationale et pour l’export.
Contrôles, laboratoires et évolutions chiffrées
L’ONSSA détaille un programme national de contrôle et de surveillance couvrant le marché local, les importations et les exportations. La même source souligne dans son édition du lundi 27 janvier, que ce dispositif repose sur une approche scientifique avec des analyses régulières de prélèvements réalisés dans les exploitations agricoles, les marchés de gros et les stations de conditionnement. Entre 2020 et 2025, l’Office indique avoir multiplié par quatre le nombre de prélèvements pour recherche de résidus de pesticides dans les fruits et légumes, passant de 1 536 à plus de 6 635 prélèvements en 2025. Ces analyses sont conduites dans des laboratoires accrédités ISO/CEI 17025, dotés de ressources humaines qualifiées et d’équipements technologiques spécialisés.
Contexte européen et notifications RASFF
Sur la période 2020–2025, le système européen de notification rapide des dangers alimentaires (RASFF) a enregistré 52 notifications pour dépassement des limites de résidus de pesticides sur des tomates commercialisées en Europe. Une seule de ces notifications concernait des tomates marocaines, un chiffre que l’ONSSA qualifie d’extrêmement faible au regard du volume important des exportations marocaines vers l’Europe. Pour l’ensemble des fruits et légumes importés en Europe sur la même période, 5 502 notifications ont été émises par le RASFF, dont 49 seulement concernaient des produits marocains, soit 0,9 % du total, statistique que l’Office avance comme preuve de la fiabilité sanitaire de la production marocaine.
Réactions des acteurs marocains et tensions commerciales
L’association française « Que Choisir » s’appuyait, pour son rapport, sur des analyses françaises menées en 2019, 2021 et 2022 qui mettaient en évidence des taux de multirésidus plus élevés sur les tomates marocaines et espagnoles que sur les tomates françaises. Ces résultats ont ravivé les critiques. Plusieurs producteurs et exportateurs marocains interrogés par la presse dénoncent des campagnes répétées de remise en cause de la qualité du produit marocain menées par certains acteurs et associations professionnelles européennes. Selon ces acteurs, ces attaques relèveraient davantage de motifs concurrentiels que de véritables préoccupations sanitaires, la compétitivité et la popularité des tomates marocaines sur le marché européen suscitant des réactions de dénigrement.
