Tomate : un démarrage qui impose la vigilance

Par 3 min de lecture Mis à jour Il y a 10 mois
Tomate : un démarrage qui impose la vigilance
Tomate GAUTIER SEMENCES DOMITYLIA

La nouvelle campagne de tomate dans la région du Souss-Massa s’annonce sous de bons auspices. Les producteurs de la zone d’Agadir, cœur battant de la filière maraîchère marocaine, observent un démarrage dynamique, marqué par une croissance végétative soutenue et des conditions climatiques automnales typiques. Mais derrière cet élan, les professionnels restent sur le qui-vive : les risques phytosanitaires, notamment liés à l’humidité ambiante, imposent une vigilance accrue.

Une dynamique végétative bien enclenchée

Dans les serres d’Agadir, les cultures de tomate ont atteint un stade avancé. Pour les plantations les plus précoces, la phase de récolte débute. Pour les autres, la masse végétale est à son apogée, signe d’un bon enracinement et d’une nutrition maîtrisée. Les producteurs saluent un début de campagne plus homogène que l’an passé, avec des températures nocturnes oscillant entre 15 et 18°C, favorables à la floraison et à la nouaison.

Mais cette douceur automnale s’accompagne d’un phénomène bien connu des techniciens : une hygrométrie élevée, parfois proche de la saturation (jusqu’à 100 % d’humidité relative), qui se maintient pendant plus de dix heures consécutives. Ce contexte crée un terrain propice au développement de maladies fongiques, en particulier la cladosporiose et le mildiou (Phytophthora infestans), deux pathogènes redoutés dans les systèmes sous-serre.

Cladosporiose et mildiou : des menaces bien réelles

La cladosporiose, causée par Cladosporium fulvum, se manifeste par des taches brunes sur la face inférieure des feuilles, pouvant entraîner leur dessèchement prématuré. Elle se développe rapidement dans les serres mal ventilées ou surchargées en végétation. Quant au mildiou, il reste l’un des fléaux majeurs de la tomate au Maroc. Sa progression est fulgurante lorsque l’humidité stagne sur les feuilles, surtout en l’absence de traitements préventifs.

Selon les observations de terrain relayées, le risque est actuellement élevé à très élevé pour ces deux maladies. Les producteurs sont appelés à renforcer la surveillance sanitaire, à privilégier les traitements fongicides homologués et à optimiser l’aération des serres, notamment en période nocturne.

Prévention et accompagnement technique

Face à ces menaces, les agriculteurs sont invités à adopter une stratégie intégrée de protection des cultures. Cela passe par une observation rigoureuse des symptômes précoces, l’ajustement des pratiques culturales (désherbage, aération, gestion de l’irrigation) et le recours raisonné aux produits phytosanitaires. Des solutions alternatives, notamment à base de biocontrôle, sont également disponibles et peuvent être intégrées dans les itinéraires techniques.

Une campagne sous tension mais pleine de promesses

Malgré les risques sanitaires, la campagne 2025/2026 s’annonce prometteuse pour les maraîchers du Souss-Massa. Les marchés européens, toujours demandeurs de tomate marocaine en hiver, offrent des perspectives intéressantes. La vigilance phytosanitaire, loin d’être une contrainte, devient un levier stratégique pour sécuriser les rendements et répondre aux exigences des clients internationaux.

Catégories : Actu' Export, Culture de la tomate

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont marqués d'un astérisque.