Dans la région de Casablanca-Settat comme dans l’ensemble du pays, le Maroc accélère sa transition agroécologique. Le programme national de semis direct, lancé en 2021 par le ministère de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts, s’impose aujourd’hui comme l’un des piliers de la stratégie « Génération Green 2020–2030 ». En alliant rendement, durabilité et économie d’eau, cette technique transforme progressivement les pratiques agricoles du Royaume.
Une stratégie nationale pour moderniser les céréales
Le semis direct consiste à semer les graines sans labour préalable, en conservant les résidus de la culture précédente à la surface du sol. Cette technique, déjà bien implantée dans plusieurs pays méditerranéens, offre une réponse concrète à la dégradation des sols et à la rareté de l’eau.
Depuis le démarrage du programme, 169 000 hectares ont déjà été conduits en semis direct à l’échelle nationale, sur un objectif de 1 million d’hectares d’ici 2030. Les premiers résultats sont prometteurs : les rendements observés dépassent régulièrement ceux du semis conventionnel, confirmant la pertinence agronomique et économique de cette approche.
L’investissement total atteint 54 millions de dirhams, dont 11 millions proviennent du Fonds de Développement Agricole (FDA). Ce soutien public illustre la volonté du ministère d’encourager la diffusion rapide de cette technologie à travers les coopératives et les exploitations moyennes.
Un levier d’efficacité et de résilience climatique
Le semis direct représente un véritable changement de paradigme pour les céréaliers marocains. En supprimant le labour, il réduit la consommation de carburant, limite l’érosion des sols et améliore leur structure. Les racines se développent plus en profondeur, la matière organique s’accumule, et la capacité de rétention d’eau augmente.
Pour un pays confronté à la variabilité climatique, ces avantages sont décisifs. Ils permettent de mieux valoriser les précipitations, d’améliorer la stabilité des rendements et de réduire la vulnérabilité aux sécheresses. Dans certaines régions comme Chaouia, Doukkala ou le Saïss, des essais menés par des coopératives partenaires ont montré une économie d’eau de 25 à 30 % par rapport aux systèmes conventionnels.
Sur le plan environnemental, le semis direct contribue également à la réduction des émissions de gaz à effet de serre liées à la mécanisation, un objectif inscrit dans les engagements du Maroc en matière d’agriculture durable.
Une dynamique portée par les coopératives agricoles
À ce jour, 866 semoirs spécialisés sont déployés à travers le territoire, au profit de 400 coopératives agricoles formées à leur utilisation et à la maintenance. Ces équipements, subventionnés via le Fonds de Développement Agricole, permettent une implantation homogène des semences et un dosage précis, gage de réussite technique.
Cette approche collective constitue un atout majeur pour la diffusion du semis direct. En mutualisant les investissements, les coopératives facilitent l’accès à la technologie pour les petits et moyens exploitants, tout en favorisant la montée en compétence du monde rural. Le ministère de l’Agriculture mise également sur la formation et le conseil de proximité, essentiels pour adapter les pratiques aux spécificités régionales.
Casablanca-Settat, laboratoire de la transition agroécologique
Dans la région de Casablanca-Settat, le semis direct s’impose comme un axe prioritaire de modernisation. Les vastes plaines céréalières et la diversité des sols en font un terrain d’expérimentation privilégié. Les agriculteurs y constatent déjà des effets positifs sur la structure du sol et la stabilité de la production, notamment dans les zones à faible pluviométrie.
Ces résultats s’inscrivent pleinement dans les objectifs de la stratégie Génération Green : renforcer la souveraineté alimentaire, améliorer les revenus agricoles et promouvoir des modèles de production économes en ressources naturelles. À terme, l’ambition est de créer un réseau d’agriculteurs pionniers capables d’accompagner leurs pairs dans la transition agroécologique.
