Pommes : la récolte européenne chute de 16 %

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Pommes : la récolte européenne chute de 16 % © DR

La campagne européenne de la pomme 2026-2027 s’ouvre dans un contexte de forte contraction de l’offre. Avec une récolte estimée à 9,5 millions de tonnes, en recul de 16 % par rapport à 2025, l’Union européenne devrait enregistrer son plus faible niveau de production depuis neuf ans. Présent au salon Fruit Attraction de Madrid, le consortium italien Melinda confirme cette tendance tout en mettant en avant la qualité des fruits récoltés. Une évolution qui mérite l’attention des professionnels marocains, alors que les équilibres entre production nationale et importations européennes pourraient évoluer au cours des prochains mois.

Une production européenne au plus bas depuis neuf ans

Les dernières perspectives de la filière européenne de la pomme confirment une campagne 2026-2027 marquée par une réduction importante des disponibilités. Selon les estimations publiées le 6 août par Assomela, à l’occasion du congrès Prognosfruit, la production de l’Union européenne devrait atteindre 9,5 millions de tonnes, soit une baisse de 16 % sur un an et de 14 % par rapport à la moyenne des trois dernières années.

Cette contraction résulte de plusieurs facteurs climatiques et phytosanitaires. Les gelées printanières, les épisodes prolongés de chaleur, la sécheresse et les orages de grêle ont affecté le potentiel productif de nombreux bassins européens.

La Pologne, premier producteur européen, devrait enregistrer une baisse particulièrement marquée, avec 2,7 millions de tonnes attendues, soit 30 % de moins qu’en 2025. La France pourrait également connaître un recul de 24 %, à environ 1,2 million de tonnes. En Allemagne, la production diminuerait de 11 %.

La situation apparaît toutefois contrastée selon les pays. L’Espagne prévoit une progression de 8 % de sa récolte, tandis que l’Italie limiterait son recul à 2 %, avec une production estimée à 2,27 millions de tonnes.

Melinda mise sur la qualité malgré des volumes réduits

À l’occasion du salon Fruit Attraction, organisé à Madrid du 6 au 8 octobre, le consortium italien Melinda a présenté les orientations de sa nouvelle campagne commerciale.

Dans un communiqué publié le 7 octobre, l’organisation souligne que la diminution des volumes ne s’accompagne pas nécessairement d’une dégradation de la qualité des fruits. Dans la région du Val di Non, les amplitudes thermiques entre le jour et la nuit ont notamment favorisé les caractéristiques qualitatives des pommes Golden Delicious.

Le consortium met également en avant les variétés Morgana, Dolcevita et Evelina, dont la qualité est jugée particulièrement satisfaisante cette saison.

Cette situation intervient alors que les producteurs européens cherchent à maintenir leur positionnement commercial malgré les incertitudes climatiques. Melinda entend ainsi renforcer la valorisation de ses variétés, sa présence sur les marchés étrangers et le développement de nouveaux circuits de commercialisation, notamment numériques.

Le consortium accorde parallèlement une place croissante aux produits transformés à base de fruits, dans une stratégie visant à diversifier les débouchés et à toucher de nouvelles catégories de consommateurs.

Un marché européen potentiellement moins fourni

La réduction de la récolte européenne pourrait modifier les équilibres commerciaux de la campagne. Toutefois, une baisse de production ne signifie pas automatiquement une hausse des prix.

Les disponibilités réelles dépendront notamment des stocks de la campagne précédente, du calendrier de commercialisation, des calibres et de la demande sur les différents marchés.

Selon Assomela, la contraction ne concerne pas uniformément les variétés. À l’échelle européenne, les volumes de Golden Delicious reculeraient de 11 % et ceux de Gala de 9 %, tandis que Fuji resterait relativement stable, avec une progression de 1 %.

La baisse attendue de certains calibres pourrait également influencer la répartition des fruits entre consommation en frais, transformation et exportation.

Quelles perspectives pour la filière marocaine ?

Pour le Maroc, cette évolution européenne constitue un indicateur commercial à suivre, notamment dans les segments où les pommes importées sont en concurrence avec les productions nationales.

Les échanges entre le Maroc et l’Union européenne s’inscrivent notamment dans un cadre réglementaire comprenant un contingent tarifaire d’importation de pommes. Le ministère marocain de l’Industrie et du Commerce a d’ailleurs publié les résultats de répartition du contingent prévu pour l’année 2026.

Une moindre disponibilité de pommes européennes pourrait contribuer à modifier les conditions d’approvisionnement des importateurs marocains. Elle pourrait également jouer sur le positionnement des pommes produites localement, particulièrement dans les bassins arboricoles de Midelt, d’Ifrane et du Moyen Atlas.

Néanmoins, aucune donnée issue du communiqué de Melinda ne permet à ce stade de conclure à une augmentation effective des prix des pommes importées au Maroc ou à une diminution des volumes destinés au Royaume.

L’évolution des cours à l’origine, des coûts logistiques, des stocks disponibles et des volumes effectivement importés sera déterminante pour apprécier les conséquences de cette campagne sur le marché marocain.

Pour les producteurs nationaux, l’enjeu reste celui de la valorisation commerciale de la récolte, de la qualité des fruits et de leur conservation. Dans un contexte européen marqué par une offre réduite, la capacité à assurer une présence régulière sur le marché pourrait prendre une importance particulière.

La campagne 2026-2027 devra donc être suivie attentivement, sans présumer d’un renchérissement systématique des pommes européennes ni d’un avantage commercial automatique pour la production marocaine.

Catégories : Arboriculture, Culture de la pomme, Dossier marché

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