La coopérative française Kultive a bouclé une saison du poivron 2024 satisfaisante malgré une concurrence accrue sur le marché européen. Son directeur général, Alexandre Picault, souligne les défis rencontrés mais aussi les perspectives prometteuses pour cette culture en France.
« La saison a été plutôt bonne, mais plus compétitive en termes de prix », confie Alexandre Picault. Traditionnellement vendu à plus de 2,5 € le kilo, le poivron a vu ses prix moyens chuter cette année en raison d’une pression sur le marché européen où les tarifs descendent sous la barre des 2 €. Malgré cette baisse, Kultive a su maintenir des volumes stables avec une production de 2 200 tonnes, équivalente à celle de 2023.
Cependant, les conditions climatiques n’ont pas toujours été favorables. Le manque de soleil au printemps a freiné les rendements, rattrapés en fin de saison grâce à des mois d’août, septembre et octobre favorables. « Nous avons dû arrêter la production en novembre à cause de la pression sanitaire et d’un marché saturé », précise le directeur général.
Malgré une légère hausse des volumes consommés par rapport à l’an dernier, la consommation reste inférieure de 5 % à la moyenne des trois dernières années. Alexandre Picault se montre toutefois optimiste : « Le poivron reste un produit apprécié, notamment par les jeunes. Avec une promotion adéquate, on peut espérer une reprise de la consommation. »
La stratégie de Kultive repose sur un pari audacieux : développer une filière française du poivron. « C’est une culture longue et exigeante. Nous plantons en décembre, récoltons les premiers fruits en mars et terminons en novembre », explique Alexandre Picault. Contrairement au concombre ou à la tomate, le poivron présente des avantages non négligeables : une moindre sensibilité aux aléas climatiques et aux virus.
Face à un marché du concombre arrivé à maturité, le poivron apparaît comme une alternative stratégique. Kultive prévoit ainsi d’accroître ses capacités avec deux hectares supplémentaires de serres, portant la surface totale à 12 hectares. À long terme, l’objectif est d’atteindre une production annuelle de 2 500 tonnes.
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Kultive espère que d’autres producteurs rejoindront cet effort pour structurer et renforcer la filière poivron en France. « Nous croyons fermement au potentiel de ce produit et au développement de cette filière », affirme Alexandre Picault.
Alors que la consommation intérieure montre des signes de reprise et que le poivron bénéficie d’atouts culturels et économiques, l’avenir semble radieux pour cette production. Développer cette filière pourrait non seulement répondre à une demande croissante mais aussi renforcer l’autonomie agricole française.

