Poivrons : l’oïdium en embuscade

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Poivrons : l’oïdium en embuscade © DR
Poivrons

Dans la région du Souss-Massa, la campagne de poivron cultivé sous serre entre dans une période déterminante. Les variétés extra-précoces atteignent leurs premières récoltes tandis que les plantations plus tardives affichent une charge en fruits importante. Cette phase de production se déroule dans un contexte climatique caractéristique de l’automne côtier : des nuits plus fraîches et très humides, suivies de journées plus sèches et lumineuses. Ce contraste hygrométrique crée des conditions particulièrement favorables au développement de l’oïdium, notamment de l’espèce Leveillula taurica, agent pathogène bien connu dans les serres de poivron marocaines.

Le risque d’attaque primaire est actuellement élevé. Ce champignon s’installe de préférence lorsque les tissus végétaux sont fragilisés, notamment en situation de forte charge en fruits. La plante mobilise alors une grande partie de son énergie pour soutenir la nouaison et le grossissement, ce qui peut réduire sa capacité de défense naturelle. Ce phénomène est accentué par le ralentissement de la croissance végétative observé dès que les températures nocturnes diminuent, même légèrement, phénomène typique du mois de novembre dans les serres non chauffées du Souss-Massa.

L’oïdium se manifeste le plus souvent par un jaunissement progressif du limbe, parfois confondu avec le stress hydrique ou des carences nutritionnelles. Cependant, la présence de plages décolorées se propageant de la face interne vers l’extérieur de la feuille constitue un signal d’alerte à ne pas sous-estimer. Une fois installé, le champignon peut entraver la circulation interne de la sève, ralentir l’activité photosynthétique et réduire l’apport en sucres vers les fruits, impactant directement le calibre et la qualité commerciale.

La conduite climatique joue ici un rôle déterminant. Lorsque l’humidité relative reste élevée dans la serre en fin de nuit, notamment avant le lever du soleil, la feuille devient plus vulnérable. À l’inverse, une ventilation matinale adaptée permet de réduire la durée d’humectation et d’éviter la condensation sur les feuilles. Mais cet équilibre doit être ajusté avec précision, car une ouverture trop précoce ou trop brutale peut entraîner une chute de température et créer un stress végétatif supplémentaire.

Dans les serres où la vigueur est stable, la plante montre une meilleure capacité à réguler sa transpiration et à maintenir une croissance active, limitant l’impact de la maladie. C’est pourquoi l’observation quotidienne de l’état du végétal demeure indispensable. Elle permet de détecter les premiers signes et d’intervenir avant que l’oïdium ne se propage de manière systémique.

Dans les exploitations du Souss-Massa, les producteurs expérimentés savent que la gestion de l’oïdium repose sur une combinaison d’anticipation, de climat et de conduite végétale. Cette période automnale, marquée par des amplitudes hydriques et thermiques importantes, demande une attention accrue à la fois sur l’équilibre de la plante et sur le microclimat de la serre. Le maintien de la vigueur, l’ajustement progressif de l’irrigation et la surveillance précise des feuilles les plus âgées constituent les points clés pour préserver le potentiel de production.

Catégories : Actu' Export, Culture du poivron

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