Myrtille marocaine : la main-d’œuvre, premier frein identifié par les professionnels

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Myrtille marocaine : la main-d’œuvre, premier frein identifié par les professionnels © DR
Myrtilles

Alors que la filière marocaine de la myrtille poursuit son développement sur les marchés internationaux, les professionnels interrogés par AgriMaroc placent le coût de la main-d’œuvre devant l’eau et la concurrence internationale parmi les principaux facteurs susceptibles de freiner son expansion. Un résultat qui intervient au moment où la pression concurrentielle augmente sur les marchés européens.

La dynamique de la myrtille marocaine semble désormais faire émerger une nouvelle question : jusqu’où la filière peut-elle poursuivre sa croissance tout en conservant sa compétitivité ? Dans un sondage réalisé par AgriMaroc auprès de sa communauté LinkedIn, 43 % répondants considèrent le coût de la main-d’œuvre comme le principal frein au développement de la myrtille marocaine dans les prochaines années.

La disponibilité en eau et la concurrence internationale arrivent ensuite, chacune citée par 26 % des participants. L’accès aux marchés n’est retenu que par 4 % des répondants.

Ce sondage constitue naturellement une photographie indicative de l’opinion de la communauté AgriMaroc et non une enquête représentative de l’ensemble de la filière. Il fait néanmoins ressortir une problématique très concrète : le développement des surfaces et des volumes doit s’accompagner d’une capacité à mobiliser suffisamment de travailleurs pendant les périodes de récolte.

La main-d’œuvre devient un enjeu de compétitivité

Cette préoccupation trouve un écho dans les informations remontant de la campagne. FreshPlaza signalait récemment des contraintes de disponibilité de main-d’œuvre en fin de campagne de myrtille au Maroc. Le phénomène touche plus largement les fruits rouges : pour la fraise, le média spécialisé rapporte notamment une concurrence entre cultures pour attirer les travailleurs saisonniers, avec des déplacements vers la framboise et la myrtille. 

Pour la myrtille, l’enjeu dépasse donc le simple coût horaire. La récolte exige une main-d’œuvre importante et suffisamment disponible pour intervenir au bon stade de maturité. Dans une filière tournée vers l’exportation en frais, la qualité du fruit, sa fermeté et la régularité des expéditions conditionnent directement sa valorisation commerciale.

La pression est d’autant plus forte que le Maroc rencontre désormais davantage de concurrence pendant certaines périodes. FreshPlaza rapportait en 2026 une baisse des prix observée par des exportateurs marocains au moment de la montée en puissance de la récolte espagnole. 

L’eau reste néanmoins un risque structurel

Avec 26 % des réponses, la disponibilité en eau demeure l’autre grande inquiétude exprimée par les participants. Les pluies abondantes enregistrées en 2026 ont amélioré la situation des réserves, mais les autorités marocaines et la FAO soulignent que cette amélioration conjoncturelle ne fait pas disparaître les tensions structurelles sur la ressource, notamment sur les nappes souterraines. 

Pour les producteurs de myrtilles, l’efficience de l’irrigation restera donc déterminante. Des travaux publiés dans Agricultural Water Management et référencés par la FAO montrent d’ailleurs, sur des exploitations de fruits rouges, qu’un pilotage optimisé de l’irrigation a permis de réduire de 29 % l’eau appliquée sur myrtille par rapport aux pratiques des producteurs étudiés, sans différence significative de rendement. 

Des débouchés qui continuent pourtant de progresser

Le paradoxe est que l’accès aux marchés, avec seulement 4 % des réponses, apparaît très loin derrière les contraintes de production. Plusieurs résultats commerciaux récents confortent cette perception.

Sur la campagne 2025/2026, les exportations marocaines vers la Finlande ont atteint 657 tonnes, soit quarante fois le volume de la campagne précédente. Le Maroc s’est hissé au deuxième rang des fournisseurs du pays avec 16,2 % des importations finlandaises de myrtilles. 

Le Royaume avait déjà considérablement renforcé sa position au Royaume-Uni, avec 19 000 tonnes expédiées entre juillet 2024 et juin 2025, en hausse de 44 % sur un an. 

La question pour la filière marocaine pourrait ainsi progressivement évoluer. Il ne s’agit plus seulement de savoir si le Maroc peut produire davantage de myrtilles et trouver de nouveaux marchés, mais à quel coût il pourra continuer à les produire, les récolter et les exporter tout en préservant son avantage compétitif.

Catégories : Culture de la myrtille, Actu' Export, Cultures, Fruits & Légumes

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