Depuis la visite du Roi Mohammed VI à Pékin en 2016, les relations entre le Maroc et la Chine ont connu une accélération remarquable. Ce rapprochement, basé sur des intérêts économiques mutuels, positionne le Maroc comme une destination clé pour les investissements chinois, notamment dans les infrastructures et les technologies. Ce partenariat s’inscrit dans la volonté marocaine de diversifier ses alliances économiques et de renforcer son rôle de carrefour stratégique entre l’Europe et l’Afrique.
Un exemple marquant de cette coopération est l’expansion du réseau ferroviaire marocain, soutenue par des acteurs chinois. La société chinoise Shanhaiguan Bridge et l’allemande Vossloh Cogifer ont récemment remporté des contrats de 56,2 millions de dollars pour fournir des composants au réseau ferroviaire à grande vitesse. Après le succès du train Al Boraq, inauguré en 2018 comme le train le plus rapide d’Afrique, le Maroc prévoit d’étendre ce réseau pour inclure notamment une ligne reliant Casablanca à Agadir, avec des études préliminaires confiées à la China Railway Design Corporation.
Cette extension, stratégique à l’approche de la Coupe du Monde 2030 co-organisée par le Maroc, permettra de faciliter les déplacements entre les grandes villes et de consolider le pays comme hub logistique entre l’Afrique et l’Europe.
Le Maroc s’est joint à l’Initiative chinoise « La Ceinture et la Route » en 2017, devenant l’un des premiers pays africains et arabes à y adhérer. Cette adhésion a ouvert la voie à des projets de grande envergure, tels que la création d’une usine de batteries pour véhicules électriques en partenariat avec Guoshen Hi-Tech, un investissement de 6,4 milliards de dollars. Ce projet s’inscrit dans une stratégie nationale visant à maintenir la position du Maroc comme acteur majeur dans l’industrie automobile africaine et à favoriser l’industrialisation des batteries électriques.
En 2022, la Chine est devenue le troisième partenaire commercial du Maroc, avec des échanges s’élevant à 7,6 milliards de dollars. L’essor des relations commerciales a été soutenu par l’initiative « Ceinture et Route » et le développement de projets comme la Cité Mohammed VI de Technologie de Tanger. Cette zone industrielle accueille plusieurs entreprises chinoises et illustre le rôle du Maroc comme passerelle vers les marchés africains et européens.
Le Maroc bénéficie de son environnement économique stable, de ses accords de libre-échange avec l’Union européenne et les États-Unis, et de sa proximité avec l’Europe, des atouts qui attirent les entreprises chinoises cherchant à pénétrer ces marchés. Selon l’analyste Zeeshan Shah, le Maroc est devenu un point d’entrée stratégique pour les produits chinois en Afrique du Nord et un centre de fabrication pour contourner les éventuels droits de douane européens sur les exportations directes de Chine.
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La coopération sino-marocaine dépasse les infrastructures et englobe des domaines variés tels que les énergies renouvelables, l’éducation et les technologies de l’information. Huawei, par exemple, collabore avec divers acteurs marocains pour développer les TIC. Par ailleurs, le renforcement des capacités industrielles, notamment dans le secteur des véhicules électriques, promet de créer des emplois et de développer les compétences locales.
En seulement quelques années, le Maroc est passé d’un partenaire économique mineur à un acteur stratégique dans les plans d’expansion de la Chine en Afrique et en Europe. Ce partenariat illustre un modèle de coopération bilatérale axé sur le développement mutuel, faisant du Royaume un exemple de réussite dans l’intégration des projets internationaux de grande envergure.
