Fruit Attraction à Madrid : Marché chinois des fruits et légumes, l’Espagne se positionne et le Maroc observe

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Fruit Attraction à Madrid : Marché chinois des fruits et légumes, l’Espagne se positionne et le Maroc observe
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Alors que le troisième webinaire du World Fresh Forum se tient ce jour dans le cadre du salon Fruit Attraction à Madrid, l’Espagne affiche ses ambitions sur le marché chinois des fruits et légumes. Organisé par ICEX Spain Export and Investment, IFEMA MADRID et la FEPEX, cet événement met en lumière les opportunités commerciales offertes par la Chine, tout en révélant les limites d’un modèle centré sur les intérêts espagnols. Pour le Maroc, cette dynamique soulève autant de questions que d’opportunités.

La Chine, eldorado convoité mais verrouillé

Avec plus de 1,4 milliard d’habitants et une classe moyenne en pleine expansion, la Chine est devenue l’un des marchés les plus exigeants au monde en matière de consommation de fruits et légumes. En 2024, ses importations de fruits et de noix ont dépassé les 185 milliards de dirhams pour plus de 8 millions de tonnes. Une dépendance croissante à l’offre internationale qui attire les convoitises — notamment celles de l’Espagne, qui se présente comme le leader européen des exportations agricoles.

Mais derrière les chiffres flatteurs, la réalité est plus nuancée : les exportations espagnoles vers la Chine ne représentent que 0,03 % de leur volume total, soit 3 871 tonnes en 2024 pour une valeur de 68 millions de dirhams. Le marché chinois reste difficile d’accès, en raison d’un cadre réglementaire complexe et de négociations phytosanitaires longues et exigeantes.

L’Espagne avance ses pions, le Maroc reste encore discret sur ce marché

Ces dernières années, l’Espagne a obtenu des protocoles d’exportation pour les kakis, les amandes et, tout récemment, les cerises. Ces produits, appréciés pour leur qualité et leur image premium, sont désormais autorisés à entrer sur le marché chinois. Le webinaire du jour détaille ces avancées, tout en soulignant les obstacles persistants : contrôles aux frontières, exigences sanitaires, lenteur administrative.

Mais ce positionnement espagnol, largement soutenu par des institutions publiques et des salons comme Fruit Attraction, interroge sur l’équilibre des échanges euro-méditerranéens. Le Maroc, pourtant reconnu pour la qualité de ses fruits (agrumes, melons, grenades, avocats, etc.), reste absent de ces discussions, alors même qu’il dispose d’un potentiel exportateur considérable.

Face à cette mise en scène espagnole, le Maroc observe avec pragmatisme. Fort d’une agriculture modernisée, d’une traçabilité renforcée et d’une stratégie d’exportation vers l’Afrique, l’Europe et le Moyen-Orient, le Royaume pourrait légitimement revendiquer sa place dans les discussions sur l’accès au marché chinois.

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Mais contrairement à l’Espagne, le Maroc ne bénéficie pas du même soutien institutionnel dans les forums européens malgré le gros travail mené ces dernières années. L’absence de représentants marocains dans ce webinaire, pourtant centré sur les opportunités internationales, illustre une asymétrie diplomatique et commerciale qu’il conviendrait de corriger précise la FEPEX.

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