La campagne marocaine de la framboise traverse une seconde moitié de saison particulièrement compliquée. Après un premier cycle jugé relativement satisfaisant par les opérateurs du secteur, les producteurs du nord du Royaume font désormais face à une combinaison de difficultés climatiques, logistiques et sociales qui fragilise fortement les volumes et la rentabilité de la filière selon un article signé Freshplaza.
Selon Amine Bennani, les intempéries survenues entre janvier et mars ont lourdement affecté les vergers de framboisiers dans les principales zones de production du nord du Maroc. Les tempêtes et inondations enregistrées durant cette période ont provoqué des pertes importantes au niveau des plantations et des rendements.
« Les pertes sont bien plus importantes que ce que nous avions anticipé », explique le représentant de la filière, qui estime la baisse de production entre 30 et 40 % par rapport au potentiel attendu. Le secteur resterait ainsi nettement en dessous des performances enregistrées lors de la campagne précédente.
La reprise des récoltes intervient en outre dans un contexte particulièrement délicat sur le plan de la main-d’œuvre. Le démarrage de cette seconde phase de campagne coïncide avec les célébrations de l’Aïd al-Adha, période durant laquelle la disponibilité des ouvriers agricoles devient fortement réduite. Même avec des volumes inférieurs à ceux de l’an dernier, les producteurs peinent à mobiliser suffisamment de travailleurs saisonniers pour assurer les récoltes dans des délais compatibles avec les exigences du marché du frais.
« Les pertes sont bien plus importantes que ce que nous avions anticipé », explique le représentant de la filière, qui estime la baisse de production entre 30 et 40 % par rapport au potentiel attendu. Le secteur resterait ainsi nettement en dessous des performances enregistrées lors de la campagne précédente.
Sur le plan commercial, les opérateurs marocains se retrouvent également confrontés à une concentration forcée sur le marché européen. Les coûts logistiques élevés limitent fortement l’accès aux destinations du Golfe, traditionnellement attractives pour certains exportateurs marocains de petits fruits rouges. Les expéditions se dirigent donc majoritairement vers l’Europe, au moment même où les difficultés portuaires compliquent davantage la campagne.
Le port d’Algéciras continue notamment de susciter de fortes inquiétudes au sein de la profession. Les ralentissements observés dans les opérations portuaires provoquent des retards de livraison qui dégradent la qualité commerciale des fruits frais. Face à cette situation, plusieurs exportateurs hésitent désormais à expédier certaines cargaisons vers le marché du frais et privilégient l’orientation des volumes vers la congélation.
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Paradoxalement, cette baisse de l’offre ne s’accompagne pas d’une hausse significative des prix. Selon les professionnels, les niveaux de valorisation restent proches de ceux observés lors de la campagne précédente, ce qui réduit fortement les marges des producteurs déjà impactés par les pertes climatiques et la hausse des charges.
La première partie de campagne avait pourtant montré une certaine résilience de la filière marocaine. Les exportations de framboises fraîches ont atteint 44.319 tonnes au 31 mars 2026, contre 45.321 tonnes un an plus tôt, soit un recul limité à 2 %. Les exportations de framboises surgelées ont quant à elles progressé de 27 %, atteignant 10.084 tonnes contre 7.952 tonnes durant la même période de la campagne précédente.
