Concombre français : une récolte 2025 prometteuse, mais un marché sous tension

Par 3 min de lecture
Concombre français : une récolte 2025 prometteuse, mais un marché sous tension
Concombres - Photo illustration : DR

Alors que l’été s’installe, le concombre français semble vouloir tirer son épingle du jeu. La campagne 2025 s’annonce sous de bons auspices sur le plan de la production, mais les signaux du marché restent contrastés. Entre rendements en hausse, surfaces en léger recul et pression concurrentielle européenne, le légume vert vit une saison pleine de paradoxes.

Une production en hausse malgré des surfaces en baisse

Selon les dernières estimations d’Agreste arrêtées au 1er juin, la production nationale de concombres atteindrait 183 100 tonnes en 2025, soit une progression de 7 % par rapport à l’an dernier. Ce chiffre dépasse même la moyenne des cinq dernières campagnes (+3 %), un résultat d’autant plus remarquable que les surfaces cultivées sont en léger recul (-2 %, à 1 028 hectares).

Le secret de cette performance ? Des rendements sous serre en nette amélioration, portés par un bon état sanitaire des cultures. Les bassins des Pays de la Loire et du Sud-Est tirent particulièrement leur épingle du jeu, avec des hausses de production respectives de +16 % et +4 % sur un an.

Un marché européen sous-approvisionné… mais instable

En début de campagne, la rareté relative de l’offre sur le marché européen a permis aux producteurs français de bénéficier de prix supérieurs à la moyenne quinquennale. Mais cette embellie n’a pas duré.

Dès avril, l’arrivée massive de concombres en provenance d’Espagne et du Benelux a changé la donne. La concurrence étrangère s’est intensifiée, tirant les prix vers le bas. En mai, les cours ont chuté de 11 % par rapport à 2024, bien qu’ils restent 6 % au-dessus de la moyenne 2020-2024.

« Le marché est devenu plus compliqué à partir de la mi-mai, avec une météo capricieuse et une demande en berne », confie un grossiste du MIN de Rungis. « Les volumes sont là, mais les consommateurs ne suivent pas. »

Commerce extérieur : un déficit qui se creuse

Entre janvier et avril 2025, les importations de concombres ont progressé de 9 %, atteignant 31 500 tonnes, tandis que les exportations n’ont augmenté que de 2 % (6 400 tonnes). Résultat : un déficit commercial en volume de 25 100 tonnes, en hausse de 10 % sur un an.

Ce déséquilibre structurel souligne la dépendance persistante de la France aux importations, notamment en période de pic de consommation.

Et maintenant ?

La suite de la campagne dépendra largement de la météo estivale et de la capacité des producteurs à écouler leurs volumes. Si les températures grimpent, la demande pourrait rebondir — mais la concurrence européenne restera féroce.

Dans ce contexte, les producteurs français misent sur la qualité, la proximité et la traçabilité pour séduire les distributeurs et les consommateurs. Reste à savoir si cela suffira à inverser la tendance d’un marché aussi volatil que le climat.

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont marqués d'un astérisque.