Bassin du Loukkos : des pluies salvatrices pour les cultures, sous vigilance accrue face aux excédents hydriques

Par 5 min de lecture Mis à jour Il y a 8 mois
Bassin du Loukkos : des pluies salvatrices pour les cultures, sous vigilance accrue face aux excédents hydriques © DR

Après plusieurs campagnes agricoles marquées par un déficit hydrique persistant, le bassin du Loukkos connaît, depuis le début de la campagne 2025-2026, une situation pluviométrique exceptionnellement favorable. Avec un cumul dépassant les 520 millimètres, les précipitations enregistrées ont permis une relance significative des cultures, tout en imposant une gestion rigoureuse des excédents d’eau afin de préserver les productions agricoles, notamment dans les zones basses du périmètre irrigué.

Ces apports hydriques importants ont contribué à un bon démarrage de la saison agricole dans l’ensemble du bassin. La régularité des pluies et leur répartition sur des périodes agronomiquement propices ont favorisé le renforcement du couvert végétal et une amélioration notable de l’humidité des sols, créant des conditions favorables à l’installation et au développement des cultures. Les effets positifs se font sentir sur les principales spéculations de la région, en particulier les céréales, les légumineuses, les cultures maraîchères ainsi que les cultures sucrières, piliers de l’économie agricole locale.

Au-delà de l’impact direct sur les cultures, ces précipitations ont également joué un rôle déterminant dans la recharge de la nappe phréatique et l’amélioration des réserves en eau de surface. Les barrages à vocation agricole situés dans le bassin du Loukkos affichent ainsi des niveaux de remplissage nettement supérieurs à ceux de la campagne précédente. Le barrage Oued El Makhazine a atteint un taux de remplissage de 100 %, correspondant à un volume d’environ 672,8 millions de mètres cubes, tandis que le barrage Dar Khrofa enregistre un taux de 28 %, avec un volume estimé à 135,8 millions de mètres cubes. Ces niveaux constituent un facteur clé pour la sécurisation de l’irrigation durant les prochaines phases du cycle cultural.

Sur le terrain, les agriculteurs perçoivent ces pluies comme un tournant après plusieurs années difficiles. Said El Bakri, agriculteur spécialisé dans les cultures sucrières dans le bassin du Loukkos, souligne que les récentes précipitations abondantes ont fortement favorisé le développement de la betterave sucrière, de la canne à sucre ainsi que des cultures fourragères, notamment la luzerne. « Nous n’avions pas connu de telles pluies depuis de nombreuses années », affirme-t-il, mettant en avant l’effet positif de cette situation sur la dynamique des exploitations agricoles. Il ajoute que l’accompagnement assuré par les services de l’Office régional de mise en valeur agricole du Loukkos permet une gestion plus efficiente de la campagne en cours et se montre confiant quant à ses perspectives, notamment grâce à la recharge significative de la nappe phréatique.

Toutefois, cette pluviométrie abondante n’est pas sans défis. Dans certaines zones plates du périmètre irrigué, la gestion des excédents d’eaux pluviales devient un enjeu technique majeur. Une accumulation prolongée d’eau peut engendrer des asphyxies racinaires, altérer la qualité des produits et impacter négativement les rendements. La prévention de ces risques repose sur une mobilisation continue et anticipée des infrastructures de drainage, afin d’évacuer rapidement les volumes excédentaires.

Le bassin du Loukkos dispose à cet effet d’un réseau structuré destiné à l’évacuation des eaux pluviales, complémentaire aux canaux d’irrigation gérés par l’ORMVAL. Le périmètre irrigué situé sur la rive droite de l’Oued Loukkos s’étend sur une superficie de 7.000 hectares et bénéficie à la fois d’un réseau d’irrigation pour les périodes sèches et d’un dispositif de drainage conçu pour les épisodes pluvieux intenses.

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Selon Mohamed El Fkiri, chef du service maintenance à l’ORMVAL, ce réseau est systématiquement activé dès l’enregistrement de précipitations importantes afin d’éviter toute stagnation de l’eau sur les terres agricoles. Il précise que ce périmètre est situé dans une zone basse où convergent trois cours d’eau majeurs, à savoir l’Oued Loukkos, l’Oued El Makhazine et l’Oued Arour, ce qui accroît la sensibilité aux risques d’inondation. Il rappelle également qu’au cours des six dernières années, ce réseau de drainage avait été peu sollicité en raison de la rareté des pluies, alors que cette campagne, marquée par un cumul de 520 millimètres sur une période relativement courte, a nécessité une mobilisation totale des infrastructures.

Le dispositif de drainage du bassin du Loukkos constitue un système intégré de protection contre les inondations. Il comprend notamment une digue de protection s’étendant sur environ 250 kilomètres, un réseau de canalisations totalisant près de 2.500 kilomètres répartis sur les terres agricoles, ainsi que des canaux industriels et trois stations de pompage chargées de rejeter les eaux collectées vers l’Oued Loukkos, puis vers la mer. Ce système permet de limiter le reflux des eaux des oueds environnants et de sécuriser les parcelles agricoles.

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