Le secteur des agrumes turc traverse une année délicate au cours de la campagne 2025/26, selon le dernier rapport Turkey: Citrus Annual publié par le U.S. Department of Agriculture, Foreign Agricultural Service (FAS).
L’analyse officielle met en lumière une contraction notable de la production d’agrumes, conséquence directe de conditions climatiques défavorables, qui affecte les principaux segments de ce secteur clé de l’agriculture turque.
Les estimations officielles documentées par l’USDA FAS font état d’une baisse marquée de la production d’oranges et de citrons, deux des principales catégories d’agrumes, ainsi que de volumes réduits pour d’autres fraîches comme les mandarines et pamplemousses. Ce recul reflète notamment les conditions météorologiques extrêmes rencontrées pendant la période de floraison au printemps 2024, avec des températures élevées qui ont compromis le développement des fruits.
Pour les oranges, la production nationale est projetée en retrait d’environ 30 % par rapport à la saison précédente, à environ 1,6 million de tonnes métriques (MMT). Cette baisse sensible est imputée à des pertes de rendement enregistrées durant la floraison, qui ont réduit la capacité de production globale.
Le segment des mandarines n’est pas épargné, avec une estimation en baisse de près de 35 %, soit environ 1,88 MMT pour la campagne 2025/26, toujours selon le rapport FAS. La variété satsuma, traditionnellement dominante en Turquie, reste cependant la plus largement cultivée, même si les volumes exportables diminuent.
La production de citrons est également affectée, attendue à près de 1,6 MMT, soit une contraction de l’ordre de 31 % face à l’exercice précédent, tandis que celle des pamplemousses pourrait chuter de près de 37 % à environ 180 000 tonnes.
Du côté des exportations, malgré des volumes globalement réduits, la Turquie maintient des flux vers ses marchés traditionnels. Les oranges exportées pourraient atteindre 260 000 tonnes, tandis que les mandarines et les citrons sont attendus à respectivement environ 830 000 tonnes et 620 000 tonnes. Les principaux marchés restent la Russie, l’Ukraine et l’Irak, soulignant l’importance des relations commerciales régionales pour Ankara.
Ce contexte de baisse de production et de pression sur les exportations intervient alors que les coûts de production, notamment l’énergie et les intrants, restent élevés, compliquant la compétitivité du secteur face à des concurrents méditerranéens comme l’Espagne, l’Egypte ou le Maroc, qui bénéficient parfois de conditions climatiques plus favorables ou d’outils logistiques et phytosanitaires adaptés.
Pour les professionnels agricoles, cette dynamique turque illustre les défis que pose la variabilité climatique sur les cultures sensibles comme les agrumes, et pose des questions de résilience face aux aléas tout au long de la chaîne de production et de commercialisation. Le rapport USDA FAS apporte des indications cruciales pour comprendre ces mutations, en offrant des données comparatives actualisées et des projections pour les campagnes à venir.
