Tout savoir sur Scirtothrips aurantii, un ravageur majeur des cultures d’agrumes

Par 5 min de lecture Mis à jour Il y a 3 mois
Tout savoir sur Scirtothrips aurantii, un ravageur majeur des cultures d’agrumes

Le Scirtothrips aurantii, aussi connu sous le nom de thrips sud-africain des agrumes, est un insecte ravageur appartenant à l’ordre des Thysanoptères et à la famille des Thripidae. Décrit pour la première fois en 1929 par Faure, cet insecte est originaire d’Afrique et s’est progressivement propagé vers d’autres régions du monde, notamment l’Australie et l’Europe. Il représente une menace sérieuse pour plusieurs cultures, en particulier les agrumes, mais aussi d’autres arbres fruitiers et plantes ornementales.

Description et cycle de vie.

Le Scirtothrips aurantii est un petit insecte d’environ 1 à 2 millimètres de long. Son corps est allongé et de couleur brun-jaunâtre. Ses ailes sont étroites et frangées, une caractéristique typique des thrips. Les larves, quant à elles, sont de couleur plus claire et passent par plusieurs stades avant d’atteindre l’âge adulte.

Le cycle de vie du Scirtothrips aurantii varie en fonction des conditions climatiques et de la disponibilité des ressources alimentaires. En général, une femelle peut pondre jusqu’à 80 œufs directement sur les tissus végétaux tendres, comme les jeunes feuilles ou les bourgeons floraux. Après l’éclosion, les larves commencent immédiatement à se nourrir et traversent deux stades larvaires avant d’entrer dans une phase de nymphose qui peut durer quelques jours. Les adultes émergent ensuite et recommencent un nouveau cycle. En fonction des conditions environnementales, plusieurs générations peuvent se succéder au cours d’une seule année.

Plantes hôtes, types de dégâts et contexte géographique.

Le Scirtothrips aurantii est un ravageur polyphage qui s’attaque principalement aux cultures d’agrumes, notamment aux orangers, citronniers et mandariniers. Toutefois, il peut également être observé sur d’autres cultures comme le manguier (Mangifera indica), le bananier (Musa spp.), l’avocatier et plusieurs espèces de plantes ornementales.

Les dégâts causés par cet insecte sont principalement dus à son mode d’alimentation. Les larves et les adultes perforent les cellules épidermiques des feuilles, des bourgeons et des fruits en développement afin d’aspirer la sève. Cette action provoque l’apparition de taches argentées ou brunes sur les feuilles, ainsi que des déformations des fruits qui perdent leur qualité marchande. En cas d’infestation sévère, les jeunes pousses peuvent être complètement desséchées, entraînant une diminution du rendement des cultures.

Le Scirtothrips aurantii est originaire d’Afrique, où il a longtemps été un ravageur majeur des cultures d’agrumes. Cependant, au cours des dernières décennies, il s’est propagé à d’autres régions du monde. En Australie, il a été détecté pour la première fois en 2002 à Brisbane, dans l’État du Queensland.

En Europe, sa présence a été confirmée en Espagne en septembre 2020, dans les provinces de Huelva et de Valence. Plus récemment, en janvier 2025, les autorités de la région de Valence ont déclaré infestées 16 municipalités de la comarque de la Safor-Valldigna, y compris des villes comme Oliva, Gandia et Tavernes de la Valldigna. Cette expansion rapide inquiète les agriculteurs et les autorités phytosanitaires, qui craignent des pertes économiques importantes.

Moyens de lutte et de gestion intégrée.

La lutte contre le Scirtothrips aurantii repose sur une combinaison de stratégies visant à limiter sa prolifération tout en réduisant l’impact environnemental des traitements chimiques. Parmi les méthodes utilisées, on peut citer :

  • Surveillance et détection précoce : L’utilisation de pièges adhésifs de couleur bleue ou jaune permet de repérer la présence du ravageur et d’évaluer son niveau d’infestation. Cette technique aide à intervenir rapidement avant que les dégâts ne deviennent trop importants.
  • Pratiques culturales adaptées : Une bonne gestion de l’irrigation et de la fertilisation peut limiter la vulnérabilité des plantes. De plus, l’élimination des parties infestées et des mauvaises herbes hôtes contribue à réduire les populations de thrips.
  • Lutte biologique : Certains acariens prédateurs du genre Euseius se sont révélés efficaces dans la régulation des populations de thrips. Des parasitoïdes comme Ceranisus menes peuvent également être introduits pour limiter leur développement.
  • Lutte chimique raisonnée : L’utilisation d’insecticides spécifiques peut être nécessaire en cas de forte infestation, mais il est crucial d’alterner les modes d’action pour éviter le développement de résistances. L’application doit être réalisée aux stades les plus sensibles du ravageur et en respectant les recommandations en matière de sécurité et d’environnement.

L’Espagne en alerte à cause du de la propagation récente du Scirtothrips aurantii 

En Europe, sa présence a été confirmée en Espagne en septembre 2020, dans les provinces de Huelva et de Valence. Plus récemment, en janvier 2025, la Generalitat Valenciana a déclaré 16 municipalités de la comarque de la Safor-Valldigna comme infestées, y compris des villes comme Oliva, Gandia et Tavernes de la Valldigna.

Les mesures de contrôle recommandées incluent la surveillance régulière des cultures, l’adoption de pratiques culturales appropriées, l’utilisation de méthodes de lutte biologique et, si nécessaire, l’application raisonnée d’insecticides pour gérer les populations de ce ravageur.

Les producteurs seront tenus d’effectuer des enquêtes pour déterminer leur présence dans la culture et, le cas échéant, de la signaler, d’effectuer des traitements avec des produits phytosanitaires autorisés ou de placer des pièges adhésifs chromotropes, entre autres.

Conclusion

Le Scirtothrips aurantii constitue une menace sérieuse pour plusieurs cultures, en particulier les agrumes. Son mode d’alimentation et sa capacité à se reproduire rapidement en font un ravageur difficile à contrôler. Une surveillance rigoureuse et une approche intégrée combinant des méthodes biologiques, culturales et chimiques sont essentielles pour limiter son impact. Avec l’expansion de ce ravageur en dehors de son aire d’origine, les efforts de recherche et de gestion doivent être renforcés pour éviter des pertes économiques majeures dans les régions concernées.

Catégories : Technique, Maladies et ravageurs, Ravageurs majeurs des cultures

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont marqués d'un astérisque.