L’Université de Wageningen a lancé une nouvelle série d’essais en plein champ sur des variétés de pomme de terre génétiquement modifiées, marquant un retour à la recherche appliquée sur la résistance au mildiou tardif. Ces essais visent en particulier à lutter contre Phytophthora infestans, principal pathogène responsable de pertes économiques majeures dans les systèmes de production européens et méditerranéens.
Les variétés testées ont été développées par modification génétique, incluant l’activation ou la désactivation ciblée de plusieurs gènes impliqués dans les mécanismes de défense. Selon les chercheurs, ces combinaisons génétiques permettent d’obtenir une résistance plus durable face aux maladies et ravageurs, avec un potentiel significatif de réduction de l’usage des produits phytosanitaires.
Ces travaux s’inscrivent dans la continuité du projet DuRPh, conduit il y a plus d’une décennie, qui avait démontré l’efficacité de l’empilement de gènes de résistance contre le mildiou. Toutefois, malgré des performances agronomiques probantes, les variétés issues de ce programme n’avaient pas été commercialisées en raison du cadre réglementaire strict encadrant les organismes génétiquement modifiés dans l’Union européenne.
Depuis, les avancées en édition du génome, notamment via les Nouvelles Techniques Génomiques, ouvrent de nouvelles perspectives. Ces technologies permettent d’introduire des modifications précises dans l’ADN des plantes, comparables à celles obtenues par sélection conventionnelle, mais dans des délais nettement réduits. Elles pourraient ainsi accélérer la mise sur le marché de variétés résistantes, tout en répondant aux enjeux de durabilité et de réduction des intrants.
Retrouvez l’index phytosanitaire ici
Un processus législatif est actuellement en discussion au sein de l’Union européenne afin d’adapter le statut réglementaire de ces nouvelles variétés. Les essais en cours devraient fournir des données concrètes sur leur performance agronomique et leur contribution potentielle à une protection intégrée des cultures plus efficiente.
Pour les filières pomme de terre au Maroc, plus ou moins exposées au mildiou, ces avancées pourraient à terme représenter un levier stratégique pour sécuriser les rendements tout en réduisant la dépendance aux fongicides.
