Pluies et inondations au Maroc : un soulagement hydrique entaché de dégâts agricoles

Par 3 min de lecture Mis à jour Il y a 7 mois
Pluies et inondations au Maroc : un soulagement hydrique entaché de dégâts agricoles
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Les précipitations exceptionnelles enregistrées depuis fin janvier au Maroc dessinent un tableau contrasté pour l’agriculture nationale. Après sept années de sécheresse intense qui avaient fragilisé les systèmes de production et vidé une grande partie des réserves en eau, les épisodes pluvieux récents apportent un double héritage : relance hydrique salutaire pour les filières, mais dégâts majeurs dans plusieurs zones agricoles. 

Selon les données météorologiques, certaines provinces du nord et du centre ont reçu des cumuls pluviométriques dépassant les normes saisonnières habituelles, contribuant à remplir les barrages jusqu’à des niveaux inédits ces dernières années. Cette recharge rapide des ouvrages hydrauliques — qui servaient de bouée de sauvetage pour l’irrigation, les cultures pluviales et l’élevage — redonne de l’espoir aux agriculteurs après plusieurs campagnes marquées par le manque d’eau.

Pour les cultures céréalières et les parcours pastoraux, cette eau tombée en abondance est d’abord une bonne nouvelle. L’augmentation de l’humidité des sols améliore les conditions de germination des blés d’hiver, reconstitue les réserves fourragères essentielles à l’alimentation du cheptel et réduit la pression sur les systèmes d’irrigation encore déficitaires.

Cependant, l’excès d’eau et la concentration des pluies sur une courte période posent des défis nouveaux. Des zones de production sensibles comme le Souss-Massa et le Gharb, axes majeurs de la filière maraîchère et agrumicole, subissent des désordres agronomiques et logistiques. Dans le Souss-Massa, la transition brutale d’un régime de stress hydrique prolongé à un régime humide intense réorganise les équilibres biologiques des cultures, rendant la gestion des maladies et des ravageurs plus complexe et pouvant impacter la qualité commerciale des légumes destinés à l’export.

La filière des agrumes n’est pas épargnée. Dans le Gharb, l’excès de pluie a provoqué des pertes significatives sur les récoltes, ralenti les opérations culturales et fragilisé des exploitations déjà vulnérables, malgré la reconnaissance des apports hydriques comme un facteur positif pour le remplissage des nappes phréatiques.

Les inondations dans certaines plaines agricoles ont aggravé la situation. Autour de Ksar el-Kebir, des crues ont submergé des terres cultivées, endommagé les pâturages et menacé le bétail, forçant des déplacements et perturbant l’accès aux parcelles.

Cette dynamique de pluies extrêmes illustre les effets du changement climatique sur le cycle hydrique du Royaume, où les années de sécheresse alternent avec des épisodes pluvieux intenses concentrés dans le temps et l’espace. Si ces pluies sont indispensables pour restaurer les ressources en eau et la pérennité des systèmes agricoles, leur gestion reste un enjeu majeur pour garantir la stabilité des rendements et la résilience des filières face à des risques climatiques de plus en plus marqués.

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