À l’approche de la saison 2025-2026, le Maroc confirme sa place parmi les poids lourds mondiaux de la myrtille, avec une production attendue dépassant les 80 000 tonnes. Le pays mise sur la diversification variétale, la conquête de nouveaux marchés et l’innovation pour renforcer encore son positionnement dans une filière en plein essor.
Selon les confidences de Greg Murdoch, directeur général d’African Blue, la prochaine campagne s’annonce prometteuse : les régions du sud fourniront des volumes précoces entre janvier et mars, tandis que les zones du nord assureront une offre continue jusqu’en juin. Cette répartition régionale illustre la maturité du secteur marocain et répond à une demande mondiale croissante pour des fruits de haute qualité précise.
L’industrie marocaine des myrtilles connaît une expansion rapide, notamment dans le sud du Maroc, où les producteurs cherchent à étendre les fenêtres de récolte. Grâce aux nouvelles variétés issues de programmes de sélection avancés, les fruits marocains bénéficient d’une meilleure durée de conservation et d’une qualité constante, deux critères très prisés sur les marchés internationaux.
Cette évolution permet au Maroc de prolonger sa saison d’exportation jusqu’à juillet, un atout majeur face à la concurrence. Parallèlement, la demande se tourne vers des fruits de plus grande taille, plus fermes et produits de manière durable, incitant les producteurs à renouveler leurs plantations et à adopter des pratiques agricoles modernes.
Diversification des débouchés et montée en gamme
L’Europe demeure la principale destination des myrtilles marocaines, avec l’Espagne, le Royaume-Uni, les Pays-Bas, l’Allemagne et la France en tête de liste. Mais l’attention se porte désormais sur de nouveaux marchés : l’Asie du Sud-Est, notamment Hong Kong, Singapour et la Malaisie, séduit par la qualité premium des fruits marocains.
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Le Moyen-Orient et les États-Unis s’affirment également comme des débouchés stratégiques, renforcés par les relations commerciales existantes sur d’autres produits agricoles. La perspective d’éventuelles modifications tarifaires américaines pourrait même ouvrir de nouvelles opportunités à l’export.
Le Moyen-Orient et les États-Unis s’affirment également comme des débouchés stratégiques
Malgré cette dynamique positive, la filière devra relever plusieurs défis en 2026. La main-d’œuvre saisonnière demeure insuffisante face à l’expansion rapide du secteur, provoquant parfois des pertes de récolte dépassant 20 %. Les conditions climatiques extrêmes, telles que les vagues de chaleur ou les pluies intenses, représentent un autre risque majeur, pouvant réduire les rendements jusqu’à 25 %.
La rareté de l’eau, surtout dans les régions méridionales comme Agadir, reste un défi structurel. Pour y faire face, producteurs et autorités investissent dans des solutions d’irrigation de précision et des infrastructures hydriques. L’État a déjà engagé d’importants projets pour sécuriser l’approvisionnement, garantissant ainsi la pérennité du secteur.
Logistique, innovation et durabilité au cœur de la stratégie
La logistique joue un rôle déterminant dans la compétitivité du Maroc. L’efficacité du transport, qu’il soit routier vers l’Europe ou maritime vers l’Asie, conditionne la fraîcheur des fruits et le respect des délais d’exportation. Les retards enregistrés la saison dernière ont souligné l’importance d’une planification renforcée.
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Côté production, les acteurs misent sur la durabilité : irrigation de précision, gestion optimisée des intrants, réduction des déchets et renouvellement variétal sont désormais des priorités. Ces initiatives permettent d’accroître l’efficacité, de limiter l’impact environnemental et d’assurer une compétitivité durable sur les marchés internationaux.
classé quatrième producteur mondial, le Maroc bénéficie d’une position géographique stratégique
Aujourd’hui classé quatrième producteur mondial, le Maroc bénéficie d’une position géographique stratégique entre l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique, ainsi que d’un calendrier d’approvisionnement étendu de novembre à juillet. Ces avantages font du Royaume un fournisseur incontournable, capable de combler les écarts de production entre ses concurrents.
L’avenir du secteur s’annonce tout aussi prometteur : l’expansion dans de nouvelles zones de culture, la diversification des marchés vers l’Amérique du Nord et l’Asie, ainsi que le renforcement des capacités post-récolte et logistiques figureront parmi les leviers de croissance.
Source : International Blueberry
