L’ADA met en avant la vision royale et l’entrepreneuriat vert comme leviers de résilience climatique

Par 5 min de lecture Mis à jour Il y a 3 mois
L’ADA met en avant la vision royale et l’entrepreneuriat vert comme leviers de résilience climatique © DR

Le Maroc poursuit sa trajectoire de transformation agricole en s’appuyant sur une vision où développement durable, adaptation climatique et coopération africaine sont étroitement liés. C’est le message porté par El Mahdi Arrifi, Directeur général de l’Agence pour le Développement Agricole (ADA), lors de l’ouverture de la quatrième édition du Forum « Entrepreneuriat Vert en Afrique Francophone », organisée à Ifrane.

Dans son intervention, le responsable a rappelé que, sous l’impulsion de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, le Royaume a fait du développement durable et de la coopération africaine des choix stratégiques majeurs. Une orientation qui se traduit concrètement dans le secteur agricole à travers la stratégie Génération Green 2020-2030.

Pour l’ADA, cette stratégie dépasse les seules dimensions productives et place le capital humain au cœur de la transformation agricole. L’objectif est de faire émerger une nouvelle génération d’entrepreneurs agricoles capables d’innover, de créer de la valeur et d’apporter des réponses adaptées aux défis climatiques auxquels sont confrontés les territoires ruraux.

El Mahdi Arrifi a souligné que l’expérience marocaine montre aujourd’hui que la résilience climatique ne peut pas reposer uniquement sur les infrastructures hydrauliques, les équipements ou les investissements productifs. Elle dépend également de la capacité des territoires à accompagner des porteurs de projets innovants capables de développer de nouvelles solutions agricoles, environnementales et économiques.

Cette approche se traduit par plusieurs programmes structurants pilotés ou accompagnés par l’ADA. Parmi eux figurent les dispositifs dédiés à l’entrepreneuriat des jeunes, le concours national AgriYoung Innovate ainsi que le programme IHYAE, cofinancé par l’Union européenne et l’Agence française de développement. Déployé dans trois régions du Royaume, ce programme vise à accompagner la transition agroécologique des producteurs tout en favorisant l’émergence d’activités entrepreneuriales dans les services agricoles et para-agricoles.

Selon le Directeur général de l’ADA, ces initiatives constituent un important gisement d’emplois verts dans les zones rurales. Elles permettent également de favoriser l’adoption de pratiques agricoles plus performantes, plus durables et mieux adaptées aux contraintes imposées par le changement climatique.

La question du financement a également occupé une place centrale dans les échanges. Face à l’intensification des aléas climatiques, l’adaptation de l’agriculture africaine nécessite des investissements considérables. Dans ce domaine, l’ADA bénéficie d’une position particulière grâce à son accréditation auprès du Fonds Vert pour le Climat (FVC) et du Fonds d’Adaptation (FA).

Ces accréditations permettent à l’agence de mobiliser des financements internationaux sous forme de dons destinés à soutenir des projets de résilience climatique et de développement durable. El Mahdi Arrifi a indiqué que cette reconnaissance renforce le rôle de l’ADA comme acteur clé de la finance climat au Maroc.

Parmi les projets emblématiques financés figurent le Projet de Développement de l’Arganiculture en Environnement Dégradé (DARED), doté d’un financement global de 49,2 millions de dollars, dont 39,3 millions apportés par le Fonds Vert pour le Climat sous forme de don. Ce programme vise notamment à renforcer la résilience des écosystèmes arganiers et à améliorer les conditions de vie des populations locales.

L’ADA pilote également le Projet d’Adaptation au Changement Climatique dans les Zones Oasiennes (PACCZO), financé par le Fonds d’Adaptation à hauteur de 10 millions de dollars. Ce projet cible des territoires particulièrement vulnérables aux effets du réchauffement climatique et à la raréfaction des ressources hydriques.

Au-delà des financements, l’agence considère l’entrepreneuriat vert comme un véritable outil de transformation économique et sociale. Celui-ci contribue non seulement à la création d’emplois décents, mais également à l’inclusion économique des jeunes et des femmes dans les territoires ruraux, souvent les plus exposés aux impacts du changement climatique.

Le Forum « Entrepreneuriat Vert en Afrique Francophone » s’inscrit précisément dans cette dynamique. Organisé par l’ADA et l’Association Initiatives Climat, en partenariat avec plusieurs institutions nationales et internationales, dont le ministère de la Transition énergétique et du Développement durable, l’ANEF, l’Université Al Akhawayn, le PNUD et la GIZ, l’événement est consacré cette année au thème : « Résilience climatique et agriculture, économie circulaire et valorisation de la biomasse ».

Créé dans le prolongement de la COP22 organisée à Marrakech, le programme Initiatives Climat Afrique Francophone (ICAF) s’est progressivement imposé comme une plateforme de référence pour la coopération Sud-Sud en matière d’action climatique. Il fédère aujourd’hui plusieurs centaines d’initiatives et de porteurs de projets au sein d’un réseau couvrant quinze pays africains.

À travers cette rencontre, le Maroc confirme sa volonté de renforcer les échanges d’expériences et les partenariats africains autour de solutions concrètes permettant d’accélérer la transition vers une agriculture plus résiliente, inclusive et durable.

Avec MAP

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