Après une campagne 2025/2026 marquée par une offre excédentaire, des problèmes de plants et une chute des prix, plusieurs opérateurs égyptiens anticipent une réduction notable des surfaces de fraise pour la prochaine saison. Cette évolution intervient alors que la filière marocaine traverse elle-même une période de repli historique, notamment sur le segment de la fraise fraîche destinée à l’export.
Une correction annoncée en Égypte
Selon Ihab Mansour, directeur général de Fresh Box, interviewé par Freshplaza les plantations de fraises en Égypte pourraient diminuer « jusqu’à 30 % » lors de la prochaine campagne . Cette estimation s’inscrit dans un contexte où de nombreux producteurs ont subi une saison difficile, marquée par une production « plus importante que ce que le marché pouvait absorber » et par des problèmes de qualité des plants liés à des conditions climatiques inhabituelles .
D’autres acteurs de la filière confirment cette tendance. Emad Mahdy, directeur de Fayruz Nurseries, estime que la réduction pourrait atteindre « un tiers » des surfaces, en raison du retrait de nombreux nouveaux entrants et des pertes enregistrées lors de la campagne précédente .
La saison 2025/2026 avait été précédée d’une forte expansion des surfaces, estimée à +30 % par plusieurs exportateurs, ce qui avait contribué à l’oversupply et à la chute des prix sur les marchés internationaux .
Un contexte marocain marqué par un recul historique des exportations
Au Maroc, la filière fraise connaît également une contraction sévère. Entre octobre 2025 et avril 2026, les exportations de fraises fraîches ont atteint seulement 8 700 tonnes, soit la moitié du volume de la campagne précédente, selon EastFruit . Il s’agit du niveau le plus bas jamais enregistré, et du quatrième recul consécutif.
EastFruit attribue cette baisse à plusieurs facteurs structurels :
- perte de compétitivité face à l’Égypte, qui a inondé le marché avec des volumes importants et des prix plus bas ;
- pression hydrique et salinisation dans les zones côtières ;
- hausse des coûts de production ;
- pénurie de main-d’œuvre saisonnière ;
- aléas climatiques ayant retardé la maturation et détruit des surfaces dans le Gharb et le Loukkos .
Ces éléments ont conduit à une réduction des exportations vers les principaux marchés européens, notamment la France, le Royaume-Uni, l’Espagne et les Pays-Bas, avec des baisses pouvant dépasser 80 % selon les destinations .
Une baisse égyptienne qui ne garantit pas un rebond marocain
Si l’Égypte réduit effectivement ses surfaces, cela ne signifie pas automatiquement une amélioration des débouchés pour le Maroc. Ihab Mansour souligne que les difficultés de la campagne 2025/2026 ne provenaient pas uniquement de l’offre égyptienne, mais aussi de l’allongement des saisons locales dans plusieurs pays européens, ce qui a retardé la demande pour les fraises importées .
Dans ce contexte, la compétitivité dépend autant du volume disponible que de la capacité à arriver sur les marchés européens au bon moment, lorsque la production locale est insuffisante.
Le poids croissant du surgelé dans la stratégie égyptienne
La comparaison entre les deux origines ne peut plus se limiter au marché du frais. L’Égypte est devenue le premier exportateur mondial de fraises surgelées, avec 672 millions de dollars générés en 2025, soit une hausse de 81 % par rapport à 2024 .
Cette dynamique renforce la présence égyptienne sur les marchés internationaux, notamment en Europe de l’Est, où la demande en fraise destinée au séchage et à la transformation est particulièrement forte.
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Les données disponibles montrent que l’Égypte s’oriente vers une réduction significative de ses surfaces de fraise, après une campagne marquée par l’oversupply et des difficultés techniques. Parallèlement, le Maroc enregistre un recul historique de ses exportations, lié à des facteurs structurels et climatiques.
Si la baisse égyptienne pourrait atténuer la pression concurrentielle, elle ne garantit pas un rebond automatique pour la fraise marocaine, tant que les contraintes internes — hydriques, climatiques, logistiques et sociales — ne seront pas résolues.

