Dans une démarche inédite de lutte biologique, les chercheurs de Wageningen Plant Research ont lancé cette saison la première opération de lâcher contrôlé de guêpes parasitoïdes asiatiques aux Pays-Bas. Objectif : contenir la prolifération de la drosophile à ailes tachetées (Drosophila suzukii), un ravageur redoutable qui menace les cultures de fruits rouges en Europe.
Originaire d’Asie, cette mouche invasive s’est propagée en Europe et en Amérique du Nord via les importations de fruits. Contrairement aux drosophiles classiques, elle pond ses œufs dans des fruits encore intacts — cerises, fraises, framboises — provoquant leur pourrissement rapide et rendant la récolte impropre à la consommation. Pour les producteurs, c’est une menace persistante et coûteuse.
Une solution naturelle venue d’Asie
Face à l’inefficacité croissante des traitements chimiques et à la pression réglementaire sur les pesticides, les chercheurs néerlandais ont misé sur une approche biologique. Ils ont introduit dans plusieurs vergers du centre des Pays-Bas une espèce de guêpe parasitoïde asiatique, élevée en laboratoire à partir de souches importées de Suisse.
Cette guêpe, dont le nom scientifique est Ganaspis brasiliensis, est un ennemi naturel de la drosophile de Suzuki dans son habitat d’origine. Elle pond ses œufs directement dans les larves de la mouche, qui sont ensuite dévorées de l’intérieur. Selon Herman Helsen, chercheur à Wageningen University & Research, « cette espèce a été étudiée pendant des années en laboratoire. Elle est très efficace contre la drosophile et n’affecte pas les insectes indigènes ».
Une libération strictement encadrée
La libération de ces insectes a été autorisée par le gouvernement néerlandais après le dépôt d’un dossier scientifique complet en 2024. Les autorités ont validé l’absence de risques pour la biodiversité locale et la spécificité de l’action de la guêpe. Les chercheurs espèrent que les populations de guêpes s’établiront durablement dans les vergers et contribueront à réduire la pression parasitaire.
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Cependant, Herman Helsen reste prudent : « Cela ne résoudra pas entièrement le problème. Mais en introduisant un ennemi naturel spécialisé, nous pouvons ralentir la croissance des populations de drosophiles. Des mesures complémentaires resteront nécessaires dans les vergers. »
