La série de décisions récentes prises par l’Union européenne sur les pesticides et la protection des plantes restreint l’accès au marché européen.
Contexte réglementaire européen
L’Union européenne a resserré l’évaluation et l’homologation des substances actives au cours des dernières années. Les décisions récentes visent à réduire l’exposition aux principes actifs jugés dangereux pour la santé et l’environnement.
Les limites maximales de résidus ont été abaissées pour certaines molécules et la Commission européenne a renforcé les contrôles aux frontières et la traçabilité des importations végétales. Ces changements s’accompagnent d’une surveillance accrue des impuretés et de la contamination croisée qui peuvent conduire au rejet de lots même en l’absence d’usage volontaire de la substance.
Substances ciblées et implications pratiques
Les néonicotinoïdes tels que l’imidaclopride, le clothianidine et le thiaméthoxame sont aujourd’hui fortement restreints et leur usage est quasi interdit en plein champ, ce qui oblige les producteurs à chercher des alternatives pour la lutte contre pucerons et thrips en culture ouverte et en serre.
Les néonicotinoïdes tels que l’imidaclopride, le clothianidine et le thiaméthoxame sont aujourd’hui fortement restreints
Le chlorpyrifos a fait l’objet d’un retrait d’homologation dont les conséquences sont visibles sur les exportations exposées à la présence de résidus. Les carbamates comme l’oxamyl sont soumis à des limitations qui réduisent leur emploi pour la lutte contre les nématodes. Les benzimidazoles tels que le carbendazime voient leurs usages restreints, ce qui affecte la protection fongique post‑floraison dans l’arboriculture.
Les débats sur les doses cumulées de cuivre conduisent à une pression réglementaire sur son usage dans certaines cultures et poussent à la recherche d’alternatives.
Enfin, l’abaissement des LMR pour certaines molécules et la détection désormais possible à des niveaux proches de la limite de détection augmentent les cas de refus imputables à des contaminations croisées ou à des impuretés.
Impacts concrets par filière
Pour les agrumes la présence de résidus de chlorpyrifos ou de traces de néonicotinoïdes peut entraîner le blocage des cargaisons à l’importation et des coûts de rappel importants. Pour les primeurs cultivés sous serre comme la tomate et le poivron, la restriction des néonicotinoïdes oblige à renforcer les programmes d’IPM et à multiplier les lâchers d’auxiliaires ou l’utilisation d’insecticides de substitution homologués.
Pour les petits fruits la réduction des options fongicides et l’abaissement des LMR exigent des contrôles pré‑récolte rigoureux
Pour les petits fruits la réduction des options fongicides et l’abaissement des LMR exigent des contrôles pré‑récolte rigoureux et des protocoles de gestion des risques pour éviter des non conformités.
Pour l’arboriculture la limitation des familles de fongicides classiques impose une réorganisation des calendriers de traitement et une attention renforcée à la chaîne post‑récolte.
Sources :
https://ec.europa.eu/food/plants/pesticides_en
https://ec.europa.eu/food/plants/pesticides/eu-pesticides-database_en
https://www.efsa.europa.eu
https://www.anses.fr/sites/default/files/ASE2022-AUTO-0038-RA.pdf
https://agrinfo.eu/book-of-reports/latest-pesticide-non-renewals-withdrawals-and-restrictions/translate/fr/
https://medias24.com/2024/07/09/le-commerce-des-pesticides-au-maroc-toujours-menace-par-linformel/
https://wikifarmer.com/library/fr/article/mai-2025-changements-dans-lue-en-mati%C3%A8re-de-protection-des-plantes-nouvelles-r%C3%A8gles-en-mati%C3%A8re-de-pesticides-et-vari%C3%A9t%C3%A9s-de-cultures-r%C3%A9sistantes
