Béni Mellal-Khénifra : les pluies hivernales relancent la dynamique agricole régionale

Par 4 min de lecture Mis à jour Il y a 8 mois
Béni Mellal-Khénifra : les pluies hivernales relancent la dynamique agricole régionale © DR

Après plusieurs campagnes successives marquées par un déficit pluviométrique sévère, la région de Béni Mellal-Khénifra renoue avec des conditions climatiques plus favorables. Les précipitations enregistrées depuis la mi-décembre laissent entrevoir une amélioration notable des perspectives agricoles pour la campagne 2025-2026, dans une région qui joue un rôle structurant dans l’agriculture nationale, aussi bien pour les cultures céréalières que pour les filières sucrières, maraîchères et l’élevage.

Selon les données communiquées par l’Office régional de mise en valeur agricole de Tadla-Fquih Ben Salah, la région a enregistré, entre la mi-décembre 2025 et le 22 janvier 2026, plus de 296 millimètres de précipitations. À cela s’ajoutent d’importantes chutes de neige dans les zones montagneuses, atteignant près de 190 centimètres, un apport hydrique déterminant pour la recharge des nappes phréatiques et le remplissage progressif des barrages à vocation agricole.

Le cumul pluviométrique total depuis le début de la saison agricole atteint ainsi 325 millimètres à l’échelle des cinq provinces de la région. « Il s’agit d’une augmentation de 309 % par rapport à la saison agricole précédente, au cours de laquelle les précipitations n’avaient pas dépassé 79 millimètres », a précisé Khalid Assim, chef du département du développement agricole à l’ORMVAT de Tadla-Fquih Ben Salah. Cette amélioration marque une rupture nette avec les campagnes précédentes et commence déjà à se traduire sur le terrain par une reprise progressive des activités agricoles.

Sur le plan des cultures végétales, les pluies ont permis de relancer et d’accélérer les travaux de semis, en particulier pour les céréales d’automne. Les périodes d’accalmie entre les épisodes pluvieux ont été mises à profit par les agriculteurs pour finaliser les emblavements programmés, dans de meilleures conditions de préparation des sols. La superficie totale emblavée en céréales d’automne atteint ainsi 390.184 hectares, dont 43.408 hectares en irrigation, contre 292.728 hectares lors de la campagne précédente.

Cette dynamique se reflète également dans l’utilisation des semences sélectionnées. La superficie ensemencée en céréales certifiées s’élève à 3.961,5 hectares, traduisant une orientation progressive vers l’amélioration des rendements et de la qualité de production. La filière sucrière bénéficie elle aussi de cette amélioration climatique, avec 10.470 hectares de betteraves sucrières semés, soit une progression de 45 % par rapport à la saison agricole précédente, un signal positif pour l’approvisionnement des unités industrielles et la sécurisation des revenus des producteurs.

Concernant les cultures maraîchères, les semis évoluent également dans un contexte plus favorable. La région compte 1.128 hectares de cultures d’automne et 1.707 hectares de cultures d’hiver déjà en place. Les opérations de semis, entamées le 15 décembre, se poursuivront jusqu’au 15 mars, conformément au calendrier technique recommandé. Les conditions hydriques actuelles devraient permettre une meilleure installation des cultures et limiter les risques de stress hydrique en début de cycle.

L’impact des précipitations dépasse le seul volet végétal. Pour l’élevage, ces pluies constituent un facteur déterminant pour la reconstitution du couvert végétal naturel et la disponibilité des parcours. Selon les services agricoles régionaux, les ressources fourragères devraient être disponibles dès le mois de mars, contribuant à réduire la pression sur les aliments concentrés et à stabiliser les prix des fourrages grossiers, dans un contexte de forte sensibilité des coûts de production animale.

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Face à cette évolution favorable, la Direction régionale de l’agriculture de Béni Mellal-Khénifra, en coordination avec les différents acteurs institutionnels et professionnels, poursuit ses actions d’accompagnement des agriculteurs. Les dispositifs de suivi technique, de conseil agricole et de mobilisation des moyens logistiques sont maintenus afin de sécuriser le déroulement de la campagne et d’optimiser l’impact de cette pluviométrie sur les performances agricoles régionales.

Si la vigilance reste de mise quant à l’évolution climatique des prochains mois, ces précipitations constituent néanmoins un signal encourageant pour une région stratégique de l’agriculture marocaine, à un moment où la résilience des systèmes de production et la gestion durable de l’eau demeurent des enjeux majeurs pour le Royaume.

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