Une importante tempête de sable affecte actuellement une large partie du Sud et du Centre du Maroc, selon les observations publiées par la Direction Générale de la Météorologie. Les dernières images issues du satellite Météosat de Troisième Génération, capturées le 30 mars 2026, mettent en évidence d’importantes concentrations de poussières sahariennes en suspension dans l’atmosphère, visibles notamment grâce au produit satellitaire dit « magenta », utilisé pour détecter les particules minérales.
Les masses de sable observées couvrent de vastes zones de l’Afrique du Nord et se déplacent progressivement vers l’ouest, atteignant les régions centrales du Royaume et s’étendant jusqu’à l’océan Atlantique. Ce type de configuration météorologique résulte d’un fort gradient de pression entre l’anticyclone des Açores, dont la pression avoisine les 1040 hPa, et une dépression thermique continentale. Ce contraste engendre une accélération des vents de secteur sud à sud-est, favorisant le soulèvement et le transport de grandes quantités de poussières sahariennes.
Le phénomène intervient dans un contexte saisonnier typique. Le printemps constitue en effet une période propice aux tempêtes de sable au Maroc. Le réchauffement rapide des surfaces désertiques accentue la formation de dépressions thermiques locales, qui aspirent l’air chaud chargé de particules fines. Ces masses d’air peuvent ensuite être transportées sur plusieurs centaines de kilomètres, affectant les conditions atmosphériques sur les régions agricoles du Centre et parfois jusqu’aux zones côtières.
Pour les filières agricoles, ces épisodes ne sont pas sans conséquences. La réduction de la visibilité complique les opérations de terrain, notamment les travaux mécanisés. Les cultures maraîchères, les jeunes plantations arboricoles ainsi que certaines cultures céréalières en phase sensible peuvent subir un stress mécanique lié aux vents chargés de particules abrasives. Les dépôts de poussières sur le feuillage peuvent également réduire temporairement l’activité photosynthétique, en particulier dans les systèmes intensifs sous irrigation.

