La campagne agrumicole 2026 dans l’hémisphère Sud s’annonce contrastée. Selon les données présentées lors de l’Assemblée générale annuelle de la World Citrus Organisation (WCO), la production globale devrait reculer, tandis que les exportations continuent de progresser, confirmant une recomposition des équilibres du marché international.
D’après les estimations consolidées issues des principaux pays producteurs du Sud, notamment le Brésil, l’Afrique du Sud, le Chili et le Pérou, la production totale d’agrumes atteindrait 26,4 millions de tonnes en 2026, soit une baisse de 5,86 % par rapport à 2025. Cette contraction s’explique en grande partie par le recul attendu au Brésil, premier producteur mondial, dont la production est estimée à 16 millions de tonnes, en baisse de 12,5 % sur un an.
Dans le détail, les oranges, segment dominant du marché, enregistreraient la plus forte baisse avec un recul de 8,37 %, pour un volume de 17,5 millions de tonnes. Les petits agrumes devraient rester globalement stables avec une légère contraction de 0,84 %, tandis que les citrons afficheraient une progression modérée de 2,36 %. À l’inverse, les limes reculeraient fortement de près de 10 %. Seul segment en nette croissance, le pamplemousse progresserait de plus de 21 %, illustrant un repositionnement progressif de certaines filières vers des niches à plus forte valeur.
Malgré ce recul global de la production, les exportations devraient continuer leur progression, avec une hausse attendue de 3,96 % pour atteindre 4,74 millions de tonnes. Cette dynamique confirme la forte orientation exportatrice des pays de l’hémisphère Sud, qui jouent un rôle stratégique dans l’approvisionnement des marchés internationaux en contre-saison, notamment en Europe.
Toutefois, cette croissance des flux commerciaux ne traduit pas nécessairement une augmentation structurelle de la demande mondiale. La WCO souligne que le dynamisme observé lors de la campagne précédente s’expliquait principalement par un déficit d’offre dans le bassin méditerranéen, compensé par les exportations du Sud. Pour 2026, une approche plus prudente est recommandée, en particulier sur les marchés européens et moyen-orientaux, où les déterminants de la consommation restent incertains.
Le contexte géopolitique constitue également un facteur de risque majeur. La filière agrumicole mondiale exprime des inquiétudes croissantes face aux répercussions de la crise au Moyen-Orient, notamment sur les coûts logistiques, la disponibilité des intrants et le prix des fertilisants. Ces tensions pourraient impacter directement la rentabilité des producteurs et la compétitivité des exportations dans les mois à venir.
Sur le plan structurel, la WCO confirme par ailleurs le renforcement de son rôle comme plateforme internationale de coordination du secteur. L’organisation, qui rassemble les principaux pays producteurs, met en avant ses outils de suivi des marchés, notamment les bases de données interactives et les formats harmonisés de reporting, devenus essentiels pour anticiper les évolutions de production et de commerce.
