Maladies et ravageurs de la tomate au Maroc

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Maladies et ravageurs de la tomate au Maroc : identifier les symptômes et protéger les cultures

La culture de la tomate au Maroc est exposée à de nombreux risques phytosanitaires pouvant affecter les feuilles, les tiges, les racines et les fruits. Dans les bassins maraîchers comme le Souss-Massa, où la production sous serre occupe une place importante, la surveillance des ravageurs et la prévention des maladies sont essentielles pour préserver les rendements et la qualité commerciale. Tuta absoluta, aleurodes, ToBRFV, mildiou, oïdium, botrytis ou maladies racinaires présentent des symptômes et des modes de propagation différents. Savoir les distinguer permet d’intervenir plus efficacement, tout en évitant des traitements inappropriés.

Comment reconnaître une maladie de la tomate ?

Le diagnostic phytosanitaire commence par l’observation de la plante, mais il ne doit pas se limiter à la présence d’une tache ou d’un jaunissement. Un même symptôme peut avoir plusieurs origines, notamment infectieuses, parasitaires, nutritionnelles ou climatiques.

Le premier élément à examiner est l’organe affecté. Certaines maladies provoquent principalement des lésions foliaires, tandis que d’autres perturbent les racines, entraînent des flétrissements ou affectent directement les fruits.

La répartition des symptômes dans la serre constitue également une information importante. Des foyers localisés peuvent suggérer une contamination progressive, un problème d’irrigation ou une hétérogénéité du sol. Des symptômes apparaissant simultanément sur une grande superficie peuvent orienter vers une perturbation climatique, nutritionnelle ou une intervention culturale récente.

Aucune de ces observations ne permet, à elle seule, de confirmer un diagnostic.

Tableau de diagnostic rapide des symptômes sur tomate

Symptôme observéCauses possiblesVérification prioritaire
Feuilles jaunes et enrouléesTYLCV, aleurodes, stress hydrique ou nutritionnelPrésence d’insectes, croissance des nouvelles feuilles
Taches brunes concentriquesAlternarioseÂge des feuilles et aspect des lésions
Taches brunâtres d’aspect huileuxMildiouHumidité, progression et éventuelle sporulation
Dépôt blanc sur les feuillesOïdiumAspect poudreux et répartition
Moisissure grise sur tiges ou fruitsBotrytisBlessures, tissus sénescents et humidité
Galeries dans les feuillesTuta absoluta ou mouches mineusesForme des galeries et identification des larves
Mosaïque et déformation des feuillesToBRFV ou autres virosesAnalyse diagnostique
Flétrissement persistantFusarioses, verticilliose, problème racinaire ou manque d’eauRacines, collet, vaisseaux et irrigation
Galles sur les racinesNématodes du genre MeloidogyneObservation racinaire et analyse
Nécrose noire à l’extrémité du fruitNécrose apicale, dite cul noirRégularité hydrique et alimentation calcique
Fruits marbrés ou décolorésViroses, désordres physiologiques ou dégâts de ravageursDistribution des symptômes et analyses

Ce tableau constitue une aide à l’orientation. Les viroses et certaines maladies bactériennes ou fongiques nécessitent des analyses de laboratoire pour différencier les agents responsables.

Tuta absoluta : un ravageur majeur des cultures de tomate

Tuta absoluta, également connue sous le nom de mineuse de la tomate et désignée dans la nomenclature actuelle sous le nom de Phthorimaea absoluta, est un lépidoptère dont les larves se développent aux dépens des tissus de la tomate.

Le ravageur est connu des producteurs marocains, notamment dans le Souss-Massa, où sa présence a fait l’objet de plusieurs signalements professionnels.

Les larves creusent des mines dans les feuilles et peuvent également attaquer les tiges et les fruits. Les dégâts sur fruits sont particulièrement problématiques pour les exploitations orientées vers l’exportation, car ils compromettent directement la qualité commerciale.

Comment identifier Tuta absoluta ?

Tuta absolutaGaleries provoquées par les larves sur feuilles de tomate.
Ph : DR – Tuta absoluta Galeries provoquées par les larves sur feuilles de tomate.

Sur les feuilles, l’attaque provoque des zones minées irrégulières pouvant contenir des déjections. Sur les fruits, les larves peuvent pénétrer dans les tissus, fréquemment à proximité du calice.

L’observation directe des larves, des galeries et des dégâts aide à distinguer Tuta absoluta des mouches mineuses du genre Liriomyza, dont les galeries sont généralement plus étroites et sinueuses.

Comment lutter contre Tuta absoluta ?

La stratégie repose sur une surveillance régulière, notamment au moyen de pièges à phéromones adaptés, et sur l’observation des feuilles et des fruits.

L’exclusion physique par les filets, le contrôle des accès, la gestion des résidus de culture et l’élimination des parties infestées contribuent à la prévention.

Des organismes auxiliaires, notamment certains prédateurs et parasitoïdes, peuvent être intégrés à des programmes de lutte biologique adaptés au système de production.

Les traitements phytopharmaceutiques éventuels doivent être décidés en fonction de la pression observée et des usages autorisés au Maroc, en veillant à limiter les risques de résistance.

Aleurodes : des insectes vecteurs de viroses

Les aleurodes, couramment appelés mouches blanches, constituent un autre groupe de ravageurs important en culture de tomate.

Parmi les espèces rencontrées dans les systèmes maraîchers figurent notamment Bemisia tabaci et Trialeurodes vaporariorum.

Les adultes sont de petits insectes généralement visibles à la face inférieure des feuilles. Leurs stades immatures restent fixés sur les tissus végétaux.

Les dégâts résultent des prélèvements de sève, de la production de miellat pouvant favoriser le développement de fumagine et, surtout pour certaines espèces, de la transmission de virus.

Le lien entre Bemisia tabaci et le TYLCV

Le Tomato yellow leaf curl virus, ou TYLCV, est transmis par Bemisia tabaci.

Les plantes infectées peuvent présenter des feuilles de taille réduite, un enroulement vers le haut, des jaunissements et un ralentissement important de croissance.

Lorsque l’infection survient précocement, le développement et la fructification peuvent être fortement perturbés.

La gestion du TYLCV repose notamment sur la prévention de l’introduction du virus, le contrôle du vecteur, le choix variétal et l’assainissement de la culture.

La destruction des insectes vecteurs après l’apparition de symptômes ne permet pas de guérir une plante déjà infectée.

Thrips, acariens et autres ravageurs à surveiller

Les thrips sont de petits insectes pouvant provoquer des lésions sur les tissus végétaux. Certaines espèces sont également capables de transmettre des orthotospovirus responsables de maladies sur tomate, dont le virus de la maladie bronzée de la tomate, TSWV.

Les symptômes peuvent comprendre des lésions nécrotiques, des déformations et des anomalies de coloration des fruits.

La reconnaissance du thrips présent et des symptômes associés est nécessaire avant toute intervention.

Les acariens peuvent également provoquer des dégâts importants, notamment lorsque les conditions climatiques favorisent leur multiplication.

Les tétranyques entraînent des ponctuations et des décolorations foliaires, parfois accompagnées de fines toiles en cas de forte infestation.

L’acariose bronzée de la tomate, provoquée par Aculops lycopersici, peut entraîner un aspect bronzé des feuilles et des tiges, ainsi qu’un dessèchement progressif des tissus.

L’identification de ces organismes nécessite souvent une loupe ou une observation agrandie.

La préservation des auxiliaires, la surveillance des premiers foyers et le choix raisonné des interventions sont essentiels pour éviter les déséquilibres biologiques.

Mildiou de la tomate : une maladie favorisée par l’humidité

Le mildiou de la tomate est provoqué par l’oomycète Phytophthora infestans, également responsable du mildiou de la pomme de terre.

La maladie peut se développer rapidement lorsque des conditions humides et des températures favorables persistent.

Les premiers symptômes peuvent apparaître sous forme de taches d’aspect humide ou huileux qui évoluent vers des lésions brunâtres.

En présence d’une humidité suffisante, une sporulation blanchâtre peut être observée à proximité des lésions, notamment à la face inférieure des feuilles.

Les tiges et les fruits peuvent également être atteints. Sur les fruits, les lésions prennent souvent une coloration brune et les tissus peuvent conserver initialement une certaine fermeté.

Prévenir le mildiou sous serre

La prévention repose notamment sur le contrôle de l’humidité, la limitation des périodes de mouillure foliaire et la surveillance des conditions climatiques.

Une ventilation adaptée et la maîtrise des condensations peuvent contribuer à réduire les situations favorables aux contaminations.

La gestion des résidus infectés et la qualité sanitaire des plants jouent également un rôle important.

Une stratégie de protection phytosanitaire peut être nécessaire lorsque le risque le justifie, mais elle doit reposer sur les conditions réellement observées et les spécialités autorisées.

Alternariose : reconnaître les taches concentriques sur les feuilles

Tomato Early Blight: Spot and Stop It | Garden UK
Ph : DR – Alternariose – Lésions foliaires avec anneaux concentriques.
L’alternariose de la tomate est notamment associée à des champignons du genre Alternaria.

Elle provoque des lésions foliaires brunes qui présentent fréquemment des anneaux concentriques, donnant un aspect de cible.

Les symptômes apparaissent souvent sur les feuilles âgées, avant de progresser lorsque les conditions deviennent favorables.

Les tiges et les fruits peuvent également être atteints.

Il est important de distinguer l’alternariose du mildiou, car ces deux maladies n’ont pas le même agent causal ni nécessairement les mêmes conditions de développement.

La prévention s’appuie sur l’état sanitaire des plants, la gestion des résidus, la limitation des périodes de mouillure et une surveillance adaptée.

Oïdium de la tomate : reconnaître les différents symptômes

L’oïdium peut être provoqué par différents champignons, notamment Oidium neolycopersici et Leveillula taurica.

La présentation des symptômes varie selon l’agent responsable.

Certaines infections produisent des zones poudreuses blanchâtres sur les feuilles, tandis que d’autres peuvent se manifester initialement par des plages jaunâtres avant l’apparition de signes fongiques.

La progression de la maladie réduit la surface foliaire fonctionnelle et peut favoriser le dessèchement des feuilles.

L’identification de l’agent en cause, le suivi du climat sous serre et l’observation régulière du feuillage permettent de mieux raisonner la protection.

Botrytis : la pourriture grise sous serre

La pourriture grise est causée par le champignon Botrytis cinerea.

Elle peut affecter les feuilles, les tiges, les fleurs et les fruits.

Les tissus infectés développent parfois une moisissure grise caractéristique, particulièrement visible lorsque l’humidité favorise la sporulation.

Les blessures liées aux opérations culturales, les tissus sénescents et les zones de condensation peuvent faciliter les infections.

Sous serre, les lésions sur tiges sont particulièrement préoccupantes lorsqu’elles évoluent vers des chancres capables de perturber la circulation de l’eau.

La prévention repose sur la gestion climatique, la réduction des blessures, l’élimination raisonnée des tissus infectés et l’hygiène des interventions culturales.

Une fois les tissus colonisés, les traitements ne permettent pas de restaurer les parties détruites.

ToBRFV : une virose à fort enjeu sanitaire

Le Tomato brown rugose fruit virus, ou ToBRFV, est un tobamovirus capable d’affecter la tomate.

Il peut provoquer des mosaïques foliaires, des déformations, des irrégularités de coloration et des altérations des fruits.

La nature et l’intensité des symptômes varient selon la variété, les conditions climatiques et le stade d’infection.

Le ToBRFV présente une capacité importante de transmission mécanique. Les outils, les mains, les vêtements et les équipements contaminés peuvent participer à la propagation du virus entre plantes.

Comment reconnaître le ToBRFV ?

Les fruits peuvent présenter des plages décolorées, des marbrures ou des symptômes de rugosité et de nécrose.

Sur les feuilles, des mosaïques et des déformations peuvent apparaître.

Cependant, aucun de ces symptômes n’est spécifique à lui seul. Le diagnostic différentiel doit notamment prendre en compte d’autres tobamovirus et certaines viroses provoquant des déformations ou des anomalies de coloration.

La confirmation repose sur des méthodes diagnostiques appropriées.

Quelles mesures prendre en cas de suspicion ?

Une suspicion de ToBRFV justifie de limiter immédiatement les déplacements de matériel entre les zones concernées, de renforcer l’hygiène des interventions et de solliciter un diagnostic adapté.

Les mesures portant sur les plantes, les matériels et la gestion du foyer doivent respecter les exigences sanitaires applicables au Maroc.

Il n’existe pas de traitement curatif permettant d’éliminer le virus d’une plante infectée.

Selon la base mondiale de l’Organisation européenne et méditerranéenne pour la protection des plantes (OEPP), consultée en octobre 2026, le ToBRFV est signalé au Maroc avec une distribution restreinte. Cette qualification ne signifie pas qu’il est présent dans toutes les exploitations.

Lire aussi :

Tout savoir sur le virus ToBRFV

Fusarioses et verticilliose : comprendre les flétrissements vasculaires

Les maladies vasculaires provoquent une perturbation de la circulation de l’eau dans la plante.

La fusariose vasculaire de la tomate, causée par Fusarium oxysporum f. sp. lycopersici, peut entraîner des jaunissements, un flétrissement et un brunissement des tissus conducteurs.

La verticilliose, associée notamment à Verticillium dahliae, peut produire certains symptômes comparables.

Le flétrissement n’est toutefois pas une preuve de maladie vasculaire.

Un manque d’eau, une salinité excessive, une asphyxie racinaire ou des racines endommagées peuvent également provoquer une perte de turgescence.

La distinction repose sur l’examen de l’environnement racinaire, l’observation des tissus vasculaires et, lorsque nécessaire, une analyse de laboratoire.

La prévention peut inclure le choix de variétés et de porte-greffes adaptés, la gestion de l’historique de la parcelle et les mesures destinées à limiter la dissémination des agents pathogènes.

Nématodes à galles : examiner les racines

Root knot
Ph : DR – Nématodes à galles Renflements caractéristiques observés sur les racines.

Les nématodes à galles du genre Meloidogyne s’attaquent aux racines de nombreuses cultures, dont la tomate.

Leur présence peut provoquer des renflements caractéristiques appelés galles.

Les plantes touchées peuvent présenter un développement ralenti, des jaunissements et une sensibilité accrue aux périodes de forte demande climatique.

Les symptômes aériens sont souvent peu spécifiques.

L’arrachage et l’observation de plants représentatifs, complétés par des analyses, permettent de mieux identifier le problème.

La gestion repose sur la prévention, l’évaluation de la pression parasitaire, le choix du matériel végétal et les pratiques adaptées au système de culture.

Les maladies racinaires ne sont pas toutes des fusarioses

Des agents comme certaines espèces de Pythium et de Phytophthora, ainsi que d’autres champignons telluriques, peuvent provoquer des altérations racinaires et des dépérissements.

En culture hors-sol, les excès d’eau, le manque d’oxygénation et les problèmes de gestion du substrat peuvent également affaiblir les racines.

Le diagnostic doit donc prendre en compte la couleur et l’intégrité du système racinaire, le drainage, les volumes irrigués et la qualité de l’eau.

L’utilisation systématique d’un fongicide après l’apparition d’un flétrissement risque d’être inutile si la cause est physiologique.

Maladies bactériennes de la tomate : vigilance sur les chancres et les taches

La tomate peut être affectée par des bactéries responsables de chancres, de taches foliaires et de lésions sur fruits.

Le chancre bactérien, notamment associé à Clavibacter michiganensis, peut provoquer des symptômes vasculaires, des flétrissements et des lésions sur différents organes.

D’autres bactéries, dont plusieurs espèces de Xanthomonas et Pseudomonas syringae pv. tomato, sont associées à des maladies produisant des taches sur les feuilles et les fruits.

La distinction entre ces maladies peut être délicate sur la seule base visuelle.

La qualité sanitaire des semences et des plants, la gestion de l’eau, l’hygiène des interventions et les mesures de prévention sont essentielles.

En présence de symptômes suspects, le diagnostic de laboratoire permet de limiter le risque de confondre une maladie bactérienne avec une maladie fongique ou un désordre abiotique.

Cul noir, carences et stress : attention aux faux diagnostics

Pomodoro - Nécrose apicale sur fruits
Ph : INRA – Nécrose apicale Désordre physiologique à différencier d’une infection.
Toutes les anomalies visibles sur une tomate ne résultent pas de l’action d’un organisme nuisible.

La nécrose apicale, souvent appelée cul noir, se manifeste par une zone brunâtre à noire située à l’extrémité opposée au pédoncule.

Il s’agit d’un désordre physiologique associé à une alimentation calcique insuffisante des tissus du fruit, qui peut survenir même lorsque le sol ou la solution nutritive contient du calcium.

L’irrégularité des apports d’eau, les déséquilibres nutritifs, les conditions climatiques et les caractéristiques du système racinaire peuvent contribuer à son apparition.

Le diagnostic doit donc examiner le pilotage hydrique et les conditions de transport du calcium plutôt que conduire automatiquement à augmenter les apports d’engrais calciques.

Les jaunissements peuvent également résulter d’une carence, d’un excès de salinité, d’un déficit hydrique ou de racines insuffisamment fonctionnelles.

La répartition des symptômes entre feuilles jeunes et âgées et leur évolution dans le temps orientent l’analyse, sans remplacer les observations et les analyses agronomiques.

Comment mettre en place une lutte intégrée contre les maladies de la tomate ?

La lutte intégrée combine prévention, surveillance, diagnostic, méthodes agronomiques, protection biologique et, lorsque nécessaire, interventions phytopharmaceutiques raisonnées.

Sous serre, elle commence avant la plantation, avec la vérification de la qualité sanitaire des plants, la préparation des installations et le contrôle de l’hygiène du matériel.

Pendant la culture, les observations doivent porter sur les parties hautes et basses des plantes, les faces inférieures des feuilles, les fruits et les zones moins accessibles.

Les pièges de surveillance complètent les observations, mais leurs captures doivent être interprétées selon le ravageur, le dispositif utilisé et le stade de la culture.

Adapter la surveillance aux risques

RisqueSurveillance privilégiéeMesure préventive essentielle
Tuta absolutaPièges à phéromones, feuilles et fruitsExclusion et gestion des foyers
AleurodesFace inférieure des feuilles, pièges adaptésFilets, plants sains, auxiliaires
ThripsFleurs, jeunes organes, pièges adaptésSurveillance et gestion intégrée
AcariensFace inférieure des feuilles, foyers localisésDétection précoce et préservation des auxiliaires
MildiouFeuilles, climat et humiditéLimiter les situations favorables à l’infection
BotrytisBlessures, tiges, fleurs sénescentesHygiène et gestion de la condensation
ToBRFVSymptômes, traçabilité et diagnosticHygiène, compartimentation et matériel sain
FusariosesFlétrissement, racines, tissus vasculairesHistorique sanitaire et matériel végétal adapté
NématodesRacines, foyers de faible vigueurAnalyses et prévention avant plantation

Éviter les résistances aux pesticides

La répétition de traitements appartenant au même mode d’action peut favoriser la sélection de populations résistantes chez certains ravageurs ou agents pathogènes.

La gestion des résistances doit s’appuyer sur les classifications de référence, notamment celles de l’IRAC pour les insecticides et acaricides et du FRAC pour les fongicides.

Il ne suffit pas de changer de nom commercial pour alterner les modes d’action.

Les interventions doivent respecter les usages homologués, les conditions d’application et les restrictions de l’étiquette.

Quels traitements contre les maladies de la tomate sont autorisés au Maroc ?

Au Maroc, le choix d’un produit phytopharmaceutique doit être vérifié dans l’index officiel de l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires, l’ONSSA.

La recherche doit porter sur la spécialité commerciale, la culture de la tomate et l’organisme nuisible visé.

L’homologation ne peut pas être déduite de la seule présence d’une substance active dans un document scientifique ou de son autorisation dans un pays étranger.

Il convient également de vérifier les doses, le délai avant récolte, les restrictions d’emploi et les conditions précisées dans l’autorisation.

Pour les producteurs exportateurs, les limites maximales de résidus du marché de destination et les exigences contractuelles doivent être examinées indépendamment de l’autorisation nationale du produit.

Les méthodes de protection biologique nécessitent elles aussi une évaluation de leur efficacité, de leur compatibilité avec les autres interventions et des règles applicables aux produits utilisés.

Ce dossier ne recommande donc aucun produit commercial ni dose de traitement sans validation de l’usage marocain correspondant.

Lire aussi : Index Phytosanitaire Maroc 2026 – AgriMaroc.ma

Questions fréquentes sur les maladies de la tomate

Pourquoi les feuilles de tomate deviennent-elles jaunes ?

Le jaunissement peut avoir une origine virale, nutritionnelle, racinaire ou climatique. La localisation des symptômes, leur progression et la présence éventuelle de ravageurs sont des éléments essentiels pour orienter le diagnostic.

Quelle maladie provoque des taches noires sur les tomates ?

Des maladies fongiques ou bactériennes peuvent provoquer des taches sombres. Certaines nécroses peuvent également être d’origine physiologique. L’emplacement des lésions, leur aspect et les conditions de culture permettent de distinguer les principales hypothèses.

Comment reconnaître Tuta absoluta sur les feuilles ?

Les larves provoquent des mines souvent irrégulières dans les feuilles. Elles peuvent également attaquer les fruits. L’observation du type de galerie et de la larve permet d’affiner le diagnostic.

Peut-on traiter une tomate infectée par le ToBRFV ?

Aucun traitement phytopharmaceutique curatif ne permet d’éliminer le ToBRFV d’une plante infectée. La prévention, l’hygiène et la gestion sanitaire des foyers sont prioritaires.

Comment distinguer le mildiou de l’alternariose ?

L’alternariose produit fréquemment des lésions avec des anneaux concentriques, souvent sur des feuilles âgées. Le mildiou se manifeste notamment par des lésions d’aspect humide évoluant rapidement en conditions favorables. Une confirmation peut rester nécessaire.

Pourquoi une tomate flétrit-elle malgré l’irrigation ?

Le flétrissement peut provenir d’une maladie vasculaire, d’un problème racinaire, d’une salinité excessive ou d’un défaut d’oxygénation. L’examen des racines et du réseau d’irrigation est indispensable.

Comment choisir un pesticide contre une maladie de la tomate au Maroc ?

Le choix doit partir d’un diagnostic fiable. Il faut ensuite consulter l’index phytosanitaire de l’ONSSA et vérifier l’autorisation de la spécialité sur tomate pour l’organisme nuisible concerné, ainsi que les conditions d’utilisation.

Le diagnostic, première étape d’une protection efficace

La maîtrise des maladies et ravageurs de la tomate ne repose pas uniquement sur la disponibilité de solutions phytosanitaires. Elle dépend d’abord de la capacité à identifier correctement les causes des symptômes et à comprendre les conditions favorisant leur apparition.

Dans le Souss-Massa comme dans les autres bassins maraîchers marocains, l’association d’une surveillance régulière, d’une gestion climatique adaptée, de mesures d’hygiène et d’une protection intégrée permet de mieux raisonner les interventions.

Les maladies infectieuses, les ravageurs et les désordres physiologiques ne doivent pas être confondus. Un diagnostic fiable évite les traitements inutiles, limite les risques de résistance et contribue à préserver la qualité commerciale des tomates.

Pour les producteurs comme pour les techniciens, l’observation reste le point de départ. Les analyses de laboratoire, les données agronomiques et les références réglementaires permettent ensuite de transformer cette observation en décision technique.

Sources :

Catégories : Maladies et ravageurs, Technique

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