Le ministère de l’Agriculture a dressé ce bilan lors de l’inauguration de la 27e édition du Salon international de l’aviculture au Maroc, « Dawajine 2026 ». Organisé par la Fédération interprofessionnelle du secteur avicole (FISA) du 3 au 5 novembre au Parc d’exposition Mohammed VI d’El Jadida, le salon a pour thème « L’aviculture marocaine au rendez-vous de 2030 ». Sur la production, ce rendez-vous est presque tenu.
Viandes et œufs : l’objectif 2030 en vue
En 2025, les élevages marocains ont produit 828 000 tonnes de viandes de volailles et 7,06 milliards d’œufs de consommation. De quoi couvrir la totalité de la demande nationale. Le contrat-programme 2021-2030 vise 912 000 tonnes de viandes blanches et 7,6 milliards d’œufs : la filière en est donc à 91 % de l’objectif pour la viande et à 93 % pour les œufs.
La progression est rapide. À Dawajine 2024, les chiffres présentés pour 2023 faisaient état de 745 000 tonnes de viandes blanches et de 6,1 milliards d’œufs, rapportait alors Finances News Hebdo. En deux campagnes, la viande a gagné 11 % et les œufs 16 %.
La volaille est devenue la première viande des Marocains : elle représente 55 % de la viande consommée dans le pays. La filière pèse 48 milliards de dirhams de chiffre d’affaires par an et fait travailler 181 000 personnes en direct, 350 000 de plus en indirect.
Un plan payé à 70 % par la profession
Signé le 4 mai 2023 entre l’État et la FISA, en marge du SIAM de Meknès, le contrat-programme découle de la stratégie Génération Green 2020-2030. Il mobilise 2,02 milliards de dirhams. L’interprofession en apporte 1,4 milliard, l’État 620 millions. À la clé, 140 000 emplois supplémentaires attendus d’ici 2030.
Au-delà des volumes, le texte s’attaque à l’organisation de la filière. En amont, il finance la réhabilitation et la modernisation des élevages, la production au Maroc des reproducteurs, l’installation de couvoirs et d’usines d’aliments composés. En aval, il soutient des projets d’agrégation autour des abattoirs avicoles, des unités de découpe, de conditionnement et de transformation des œufs. Le transport des volailles et les circuits de commercialisation sont aussi visés, avec des exigences sanitaires et de bien-être animal.
L’aliment et l’export, les deux chantiers à suivre
Le point sensible reste l’alimentation des volailles. Le maïs et le soja qui composent les rations sont en grande partie importés, ce qui expose les éleveurs aux variations des cours mondiaux. C’est tout l’intérêt des usines d’aliments et des couvoirs que le contrat-programme veut voir se multiplier : garder davantage de valeur dans le pays.
Côté débouchés, le ministère mise sur l’export, en particulier vers l’Afrique. La filière y a déjà un pied : lors de Dawajine 2024, la FISA indiquait qu’entre 10 et 15 % des poussins produits au Maroc partaient à l’étranger. Avec un marché intérieur désormais couvert, ces marchés africains deviennent la principale réserve de croissance des aviculteurs marocains.
Sources
- Ministère de l’Agriculture, de la Pêche maritime et de la Souveraineté alimentaire, communiqué sur l’ouverture de Dawajine 2026, 4 novembre 2026.
- Hespress FR, « Dawajine 2026 se penche sur l’avenir de la filière à l’horizon 2030 », 2 novembre 2026 : fr.hespress.com
- Finances News Hebdo, « Aviculture : la filière résiste mieux aux aléas et mise sur l’export », 14 décembre 2024 : fnh.ma


