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Pesticides et dangers pour le consommateur local
Trop de pesticides dans les produits agricoles marocains? ph: maroc-hebdo.press

Pesticides et dangers pour le consommateur local

Plusieurs produits agricoles sont amenés à être interdits au sein de différents pays importateurs, et notamment de l’Union Européenne dans sa globalité. La menthe marocaine figure parmi les produits interdits par l’Union Européenne, à cause notamment de sa forte teneur en pesticides. Ces mêmes produits sont fortement consommés au Maroc, par les consommateurs locaux. Donc vous et moi sommes consommateurs de produits reconnus comme dangereux. Vraiment?

Trop de pesticides dans les produits agricoles marocains?

Les olives destinées aux Etats-Unis, la menthe exportée vers l’Union Européenne, ont subi le même constat, un non ferme et définitif des autorités douanières,  pour cause de non-conformité et teneur trop importante de pesticides.

Pour étayer l’exemple de la menthe. La dernière analyse réalisée, a démontré un taux supérieur de trois fois la limite autorisée de “myclobtanil”. Mais cette production de menthe, destinée à l’export ne représente que 6% des 84.000 tonnes produits par le Maroc. Donc le reste concerne directement le consommateur marocain.

Dépassement de LMR, pas forcément un danger selon l’ONSSA et l’UE

L’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA) à travers Amina El Hajjab, chef de la division de contrôle de produits végétaux de l’office, selon des propos recueillis par nos confrères de “Telquel” tente de minimiser les alertes européennes bien que les stocks de menthe aient été détruits. Des propos qui sont confirmés d’ailleurs par l’Union Européenne elle-même.

Dans les faits, un contrôle est exigé pour tous les produits alimentaires d’origine végétale. Selon les normes, ces produits ne doivent pas excéder une certaine concentration de produits phytosanitaires LMR (limite maximale de résidus). Les LMR marocaines introduites en 2014, répondent donc à ces contrôles. Pour la menthe, la LMR marocaine se calque sur la FAO et sur l’OMS, et selon l’aspect législatif, si la menthe est refusée en Europe, elle devrait donc être interdite aussi au Maroc. A ce sujet, en 2012, l’ONSSA et la FAO avaient réalisés un rapport portant sur la menthe et déjà les analyses effectuées démontraient un taux de LMR trop élevé.

“danger pour la santé du consommateur”

Donc LMR dépassés égale danger pour le consommateur et donc interdiction d’importation, mais pourtant, l’Union Européenne, comme Amina El Hajjab précédemment,  nuance et délimite : “Un dépassement ponctuel de la teneur maximale autorisée en pesticides ne saurait être interprété comme présentant nécessairement un danger pour la santé du consommateur. En effet, une importante marge de sécurité est associée à la définition de cette valeur limite LMR.

Le programme CleanFarms, l’ONSSA et Croplife

Le 9 novembre dernier, le programme CleanFarms a été lancé par l’ONSSA en partenariat avec Croplife l’association des professionnelle des industriels de la phytopharmaceutique.

Ce programme ouvre le premier volet d’un projet plus large cofinancé par la FAO, le fonds pour l’environnement mondial et Croplife dont l’objectif vise à éliminer ou sécuriser les pesticides dits « obsolètes » soit ceux qui sont interdits au Maroc, ceux qui ne sont pas étiquetés, ou ceux qui ont plus de trois ans après leur production. Entre 2007 et 2010 un inventaire a donc été mis en oeuvre. Aujourd’hui le programme cherche à alerter les nouveaux détenteurs.

Le Maroc est donc conscient, que des améliorations sont nécessaires, et l’ONSSA ne s’en cache pas, Ahmed Jaâfari, chef de service de suivi et de contrôle des intrants chimiques de l’ONSSA, explique en effet que lors du précédent inventaire, tout le monde n’avait pas été inscrit et qu’il faut donc sensibiliser les agriculteurs, les commerces et les structures publiques qui pourraient encore détenir ce type de produits.

Une fois regroupés, ces produits seront détruits, non pas au Maroc, car il n’y a pas de structure pour cela, mais en Europe, et par une entreprise privée.

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2 commentaires

  1. je pose la question suivante aux responsables:
    Qu’elle est la suite que vous réservez aux produits non conformes destinés à l’export?

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