Le projet de loi de finances 2027, présenté au Parlement le 23 octobre 2026 par le ministre de l’Économie, des Finances et de la Performance publique, Fouzi Lekjaa, prévoit « le lancement de la création de six sociétés régionales de distribution ». La mesure fait partie d’un ensemble de réformes des circuits de commercialisation des produits agricoles, des marchés de gros aux abattoirs. Le but affiché est de réduire le coût des intermédiaires et de mieux maîtriser les prix des produits de base.
Ce que prévoit la note de présentation du PLF 2027
La note de présentation, publiée par le ministère de l’Économie, des Finances et de la Performance publique, rattache cette mesure à la priorité « restauration du pouvoir d’achat ». Elle annonce :
- la création de six sociétés régionales de distribution, dans le cadre d’une réforme des marchés et des prix engagée à partir de 2027 ;
- la modernisation des marchés de gros grâce à des plateformes régionales qui regrouperont stockage, conditionnement, contrôle sanitaire et suivi numérique des quantités et des prix ;
- « la réforme des marchés de gros et la réduction des coûts d’intermédiation » ;
- la mise à niveau des marchés aux bestiaux et des abattoirs.
Six bassins de production visés
Selon Le Matin, les six sociétés couvriront le Souss, le Tadla, le Gharb, le Loukkos, les Doukkala-Abda et l’Oriental. Elles proposeraient aux agriculteurs et aux coopératives des services d’agrégation, de tri, de conditionnement, de froid et de transport, ainsi que la vente aux enchères ou sous contrat. Toujours selon Le Matin, le texte précise qu’elles ne doivent pas devenir « un intermédiaire public supplémentaire » en situation de monopole. Elles seraient soumises à un cahier des charges unifié et à un audit annuel.
Le quotidien signale aussi d’autres mesures :
- un nouveau cadre légal pour les marchés de gros, avec une révision du régime des mandataires
- un complexe régional de commercialisation pour Rabat-Salé-Skhirat-Témara, doté d’un milliard de dirhams
- un objectif de douze complexes régionaux à l’échelle nationale
- un système de suivi des prix pour un panier de sept produits (céréales, pomme de terre, oignon, tomate, viandes rouges, sardine, huile d’olive), avec des alertes en cas de hausse anormale des marges
- la possibilité d’encadrer temporairement les exportations en cas de pénurie exceptionnelle.
Ni le budget, ni le capital, ni le statut juridique des six sociétés n’est précisé à ce stade.
La FIFEL favorable, mais attentive aux modalités
Interrogé par FreshPlaza, Zakaria Hanich, président de la FIFEL (Fédération interprofessionnelle marocaine de production et d’exportation des fruits et légumes), salue la mesure : « C’est une proposition que nous défendons depuis très longtemps, et nous l’accueillons donc avec enthousiasme. »
Il ajoute toutefois : « Nous n’avons pas encore connaissance des modalités de conception et de mise en œuvre de cette régulation. » Selon lui, les prix sur certains marchés de gros régionaux peuvent atteindre le double, voire le triple, de ceux du marché d’Inezgane. Il précise aussi que la mesure n’agira pas sur les coûts de production.
Sources : Ministère Economie, Le Matin, Freshplaza

