Le programme gouvernemental prévoit d’accélérer la réalisation des stations de dessalement pour renforcer la sécurité hydrique du Royaume. Pour l’agriculture, la portée de cette annonce dépendra notamment des volumes affectés à l’irrigation et des conditions d’accès à cette ressource.
Le Maroc entend mobiliser 1,8 milliard de mètres cubes d’eau dessalée à l’horizon 2031. Cet objectif figure parmi les orientations présentées par Fatima Ezzahra El Mansouri devant les deux Chambres du Parlement, lundi 19 octobre, à l’occasion de la présentation du programme gouvernemental. L’accélération de la réalisation des stations de dessalement doit contribuer à diversifier l’approvisionnement national en eau.
Cette orientation s’inscrit dans une stratégie associant plusieurs ressources et infrastructures. Selon le compte rendu publié par Panorapost, le gouvernement prévoit également de renforcer les barrages, notamment dans les zones arides, semi-arides, montagneuses et les oasis. Des transferts entre bassins et régions sont aussi envisagés lorsque cela est nécessaire, avec un engagement à préserver les équilibres hydriques des territoires concernés.
Pour les producteurs, une distinction reste essentielle : l’objectif national annoncé ne correspond pas à un volume intégralement destiné à l’irrigation. Les passages consultés ne précisent ni la répartition entre usages, ni les superficies agricoles susceptibles d’être desservies. Ils ne permettent donc pas, à ce stade, de chiffrer les disponibilités supplémentaires pour les exploitations ou d’identifier les bassins de production bénéficiaires.
Le gouvernement annonce parallèlement l’élaboration d’un Plan national de l’eau. D’après le discours reproduit par Entreprises du Maroc, ce document doit constituer le cadre stratégique de la politique hydrique à long terme et assurer la cohérence des politiques relatives à l’eau, à l’agriculture, à l’énergie, à l’environnement et à l’aménagement du territoire.
La traduction agricole de cette ambition devra ainsi être appréciée projet par projet. Localisation des ouvrages, calendrier de desserte, volumes réservés à l’irrigation et tarification constituent les informations attendues pour évaluer les conséquences sur les exploitations. En attendant ces précisions, l’annonce fixe un cap national ; elle ne suffit pas à établir une nouvelle disponibilité en eau à l’échelle d’un périmètre agricole.

