Nommé vendredi 16 octobre 2026 par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, Khalid Hatimy succède à Ahmed El Bouari à la tête du ministère de l’Agriculture. Ancien dirigeant d’entreprises et député, il prend les commandes d’un département dont le périmètre évolue, avec l’intégration explicite de la souveraineté alimentaire. Son arrivée intervient à un moment où l’agriculture marocaine doit concilier sécurité des approvisionnements, gestion de l’eau, compétitivité des filières et résilience climatique.
Un nouveau visage à la tête de l’agriculture marocaine
Le Maroc dispose d’un nouveau ministre de l’Agriculture. Khalid Hatimy a été nommé vendredi 16 octobre 2026, lors de la cérémonie présidée par le Roi Mohammed VI au Palais Royal de Rabat, au sein du gouvernement dirigé par Fatima Ezzahra El Mansouri.
Il succède à Ahmed El Bouari, qui occupait ce portefeuille depuis octobre 2024. Cette nomination marque un changement à la tête d’un département stratégique pour l’économie nationale, l’emploi rural et les équilibres alimentaires du Royaume.
Le nouveau ministre prend officiellement la responsabilité de l’Agriculture, de la Pêche maritime et de la Souveraineté alimentaire. Ahmed Mehdi Mezouari est nommé ministre délégué chargé de la Pêche maritime.
Le changement de dénomination du département constitue l’une des premières évolutions visibles de cette nouvelle organisation gouvernementale.
Khalid Hatimy, un parcours marqué par le secteur privé
Contrairement à plusieurs de ses prédécesseurs, Khalid Hatimy présente avant tout un profil de dirigeant d’entreprise.
Titulaire d’un Executive MBA en stratégie d’entreprise de l’université Emory, à Atlanta, aux États-Unis, il possède plus de trente années d’expérience dans le secteur privé, notamment dans l’industrie, l’agroalimentaire et l’agriculture.
Son parcours comprend plus de dix années à des fonctions de président-directeur général au sein de multinationales et de grands groupes. Il a notamment dirigé Atlas Bottling Company, entreprise d’embouteillage implantée à Tanger.
Il dispose également de formations en gouvernance d’entreprise, en marketing, en communication et en vente. Ce parcours lui apporte une expérience du management, des organisations industrielles et des problématiques économiques liées aux entreprises.
Une expérience politique et parlementaire
Khalid Hatimy n’est pas étranger à la vie politique marocaine. Élu député dans la circonscription de Taroudant-Sud lors des élections législatives de 2021, il appartient au Parti authenticité et modernité (PAM).
Durant son mandat parlementaire, il a notamment siégé à la Commission des finances et du développement économique de la Chambre des représentants.
En juillet 2026, il a quitté son siège parlementaire dans le cadre de son entrée à l’Autorité nationale de régulation de l’électricité. Trois mois plus tard, il rejoint le gouvernement à la tête du ministère de l’Agriculture.
Son parcours associe ainsi responsabilités économiques, expérience parlementaire et participation à une instance de régulation.
La souveraineté alimentaire entre officiellement dans l’intitulé du ministère
L’évolution du périmètre ministériel mérite une attention particulière.
Le précédent département regroupait l’Agriculture, la Pêche maritime, le Développement rural et les Eaux et Forêts. Désormais, l’intitulé officiel fait apparaître la Souveraineté alimentaire, tandis que les Forêts sont rattachées au ministère de l’Équipement, de l’Eau et des Forêts, confié à Nizar Baraka.
Cette nouvelle organisation donne une visibilité institutionnelle renforcée à la question de la souveraineté alimentaire.
Pour autant, ce changement de dénomination ne permet pas, à lui seul, de conclure à une réorientation des politiques agricoles. Les priorités opérationnelles, les moyens budgétaires et les éventuelles évolutions des programmes existants devront être précisés par le nouveau gouvernement.
Des défis agricoles majeurs pour le nouveau ministre
Khalid Hatimy prend ses fonctions dans un contexte où plusieurs enjeux structurants demeurent au centre des préoccupations agricoles marocaines.
La disponibilité de l’eau constitue l’un des principaux déterminants de l’avenir des productions végétales et animales. L’amélioration de l’efficience de l’irrigation, la mobilisation des ressources hydriques et l’adaptation des systèmes de culture aux contraintes climatiques resteront des dossiers essentiels.
La question céréalière occupe également une place importante. Pour la campagne 2025-2026, le ministère avait programmé environ cinq millions d’hectares de grandes cultures d’automne, dont 4,4 millions d’hectares consacrés aux principales céréales. Ces objectifs illustrent la place des productions de base dans les politiques agricoles nationales.
Le nouveau ministre devra également composer avec les attentes des filières exportatrices, particulièrement dans les secteurs des fruits et légumes, tout en tenant compte des besoins du marché intérieur.
L’élevage, la reconstitution du cheptel, les coûts de production, l’accès aux intrants et la valorisation des productions agricoles figurent parmi les sujets dont l’évolution sera suivie par les professionnels.
Quelle orientation pour la politique agricole marocaine ?
L’arrivée de Khalid Hatimy intervient dans un secteur déjà engagé dans plusieurs transformations, notamment à travers la stratégie Génération Green 2020-2030.
La principale interrogation concerne désormais la manière dont le nouveau ministre entend articuler les objectifs de développement agricole avec les impératifs de souveraineté alimentaire.
Son expérience dans le secteur privé pourrait constituer un atout dans le dialogue avec les entreprises agricoles, les industriels et les organisations professionnelles. Il reste cependant prématuré d’en déduire des décisions ou des orientations particulières.
Pour les agriculteurs, les coopératives et les opérateurs des filières, les premières prises de position du nouveau ministre seront déterminantes pour comprendre les priorités de cette nouvelle étape.
Au-delà du changement de titulaire, c’est donc la traduction concrète de la souveraineté alimentaire dans les politiques publiques, les investissements et l’accompagnement des producteurs qui sera particulièrement observée.

