Le contingent de 300 000 bovins destinés à l’abattage, importables en 2026 sans droits de douane ni TVA, est épuisé. Le ministère de l’Agriculture, de la Pêche maritime et de la Souveraineté alimentaire l’a annoncé dans un communiqué diffusé le 23 octobre 2026 et relayé par la MAP. L’épuisement avait été acté par l’avis n°1484 du 15 octobre 2026.
Le plafond de 300 000 têtes est atteint en additionnant les bovins déjà importés et ceux couverts par une exonération encore en cours. Il ne signifie donc pas que tous les animaux sont déjà arrivés au Maroc. Le ministère ne donne pas le nombre exact de têtes effectivement entrées.
Les principaux chiffres de l’opération :
- un rythme moyen de près de 24 000 têtes par mois ;
- plus de 44 000 têtes en juin et en juillet, contre environ 17 000 en août et en septembre (par mois ou en cumul : non précisé [à vérifier]) ;
- 37 sociétés importatrices ;
- plus de 90 % des bovins importés en provenance du Brésil ;
- une hausse des demandes en octobre, liée selon le ministère à l’ouverture des importations depuis le Portugal.
Le cadre de l’exonération
La suspension des droits de douane et de la TVA à l’importation court jusqu’au 31 décembre 2026. Elle repose sur le décret n° 2.25.720 du 29 août 2025 et sur l’article 2 de la loi de finances n° 50.25. L’avis n°218 du 2 février 2026 avait ouvert l’opération, sans autorisation préalable, à tous les importateurs et professionnels.
Les demandes d’exonération étaient déposées sur la plateforme PORTNET et traitées par ordre d’arrivée, en moins de 24 heures. Chaque exonération accordée n’est valable qu’un mois.
Un cheptel encore fragilisé
Le ministère justifie ces importations par la baisse du cheptel destiné à l’abattage. La sécheresse et le renchérissement de l’alimentation du bétail ont réduit l’offre. Selon le communiqué cité par Libération, « cette situation a poussé certains éleveurs à procéder à l’abattage d’une partie des femelles bovines ». Le ministère affirme que les importations ont permis d’approvisionner les marchés et de stabiliser les prix des viandes rouges.
Le communiqué ne dit pas si un nouveau contingent sera ouvert, ni ce qui est prévu pour 2027.
Ce qu’il faut retenir pour votre exploitation
- Le contingent étant atteint, aucune nouvelle exonération ne devrait être accordée en 2026 pour les bovins d’abattage. Les animaux déjà couverts par une exonération en cours peuvent encore arriver.
- Hypothèse de la rédaction [à vérifier] : pour les engraisseurs et naisseurs, la concurrence des bovins importés à droits nuls pourrait se réduire une fois les dernières exonérations utilisées. Aucune source ne l’établit ; l’effet sur les prix au souk reste à observer.
- Le ministère lui-même pointe l’abattage de femelles : garder les reproductrices reste la condition pour reconstituer le troupeau.
- Surveillez les décisions pour 2027 : la suspension actuelle s’arrête au 31 décembre 2026.

