Après des chutes de fruits attribuées par les professionnels aux épisodes chauds de mai et de juin, les producteurs marocains d’avocats surveillent la fin du mois d’août. Une première estimation sectorielle avait évoqué un potentiel de 130.000 tonnes, mais les producteurs du Gharb jugent désormais nécessaire d’attendre septembre pour évaluer plus précisément la récolte.
UNE PRODUCTION QUI NE PEUT PAS ENCORE ÊTRE ARRÊTÉE
La campagne marocaine d’avocats 2026-2027 conserve un potentiel de reprise, mais son volume définitif reste incertain. Dans un entretien publié le 22 juillet par FreshPlaza, Abdellah Elyamlahi, président de l’Association marocaine de l’avocat, estimait que la production pourrait atteindre environ 130.000 tonnes si les températures restaient sous le niveau de 38 à 40 °C et si aucun nouvel épisode de stress thermique majeur ne survenait en août.
Le responsable attribuait alors à la chaleur de la fin mai la chute d’environ 30 % des fruits ayant dépassé la floraison. Ces deux chiffres constituent des estimations professionnelles. Aucun bilan national du ministère de l’Agriculture ne les confirme actuellement.
Le 11 août, Abdelkrim Allaoui, président de l’Association des producteurs d’avocats du Gharb, a livré une appréciation plus prudente. Selon lui, la campagne a également été affectée à la fin juin par cinq journées consécutives au-dessus de 36 °C, concomitantes avec la période naturelle de chute des fleurs et des jeunes fruits. Il considère qu’une estimation fiable des volumes et des pertes devra attendre septembre.
Allaoui redoute un nouvel épisode de chaleur accompagné de Chergui vers la fin août. Cette crainte constitue toutefois une anticipation professionnelle et non une prévision météorologique officielle. Les bulletins actualisés de la Direction générale de la météorologie devront être consultés avant toute mention d’une nouvelle vague de chaleur.
LES JEUNES FRUITS RESTENT EXPOSÉS AU STRESS THERMIQUE
Les inquiétudes exprimées par les producteurs reposent sur des mécanismes agronomiques documentés. Des températures élevées associées à un air sec, à un rayonnement intense et à une disponibilité hydrique insuffisante peuvent réduire la photosynthèse et perturber l’alimentation des jeunes fruits.
Le stress thermique peut ainsi favoriser leur abscission et provoquer des brûlures sur l’épiderme. L’intensité des dommages ne dépend cependant pas d’un seuil unique. Elle varie selon la durée de l’épisode, les températures nocturnes, l’humidité relative, le vent, l’état hydrique de l’arbre et la protection offerte par le feuillage.
UN SCÉNARIO FAVORABLE, PAS UNE RÉCOLTE ACQUISE
La campagne 2025-2026 avait déjà enregistré un recul important. Les estimations professionnelles situent la production autour de 65.000 à 70.000 tonnes et les exportations à environ 58.000 tonnes, contre plus de 100.000 tonnes exportées lors de la campagne précédente.
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Pour 2026-2027, il est donc prématuré de parler d’une récolte de 130.000 tonnes. Ce chiffre correspond au scénario favorable présenté par Abdellah Elyamlahi en juillet. L’évaluation plus récente d’Abdelkrim Allaoui conduit à attendre septembre avant de fixer une nouvelle prévision.
Le démarrage de la campagne reste attendu en octobre. D’ici là, la charge présente sur les arbres, l’évolution des chutes, l’apparition de brûlures et les conditions météorologiques détermineront le volume réellement commercialisable.

