La multiplication de Nysius cymoides dans plusieurs exploitations agricoles de la province de Zagora a conduit l’ONSSA à renforcer la surveillance phytosanitaire. Déjà présente au Maroc, cette petite punaise polyphage peut connaître des pullulations rapides lorsque la chaleur, la sécheresse et l’abondance des plantes adventices lui sont favorables.
Le Service de contrôle et de protection des végétaux de Zagora a signalé une prolifération de punaises phytophages dans plusieurs exploitations de la province. Selon le bulletin phytosanitaire n° 2026/01 publié le 14 juillet 2026 et rapporté par Hespress, les prospections réalisées sur le terrain ont principalement localisé l’insecte sur les plantes adventices et les mauvaises herbes présentes dans les parcelles ou à leurs abords.
Les caractéristiques décrites correspondent à Nysius cymoides, communément appelée punaise des graines ou punaise des céréales. Cet insecte de l’ordre des Hémiptères et de la famille des Lygaeidae est connu pour son régime alimentaire très diversifié. L’adulte ne mesure généralement que 3 à 4 millimètres. Sa petite taille peut rendre sa détection difficile lorsqu’il est présent en faible nombre, mais les pullulations conduisent à la formation de groupes particulièrement visibles au sol, sur la végétation ou autour des bâtiments agricoles.
Un insecte piqueur-suceur très polyphage
Nysius cymoides prélève sa nourriture en introduisant ses pièces buccales dans les tissus végétaux. L’espèce est associée à de nombreuses familles botaniques et utilise surtout les plantes sauvages comme réservoirs alimentaires et sites de multiplication. Elle peut néanmoins se reporter sur les cultures lorsque ses plantes hôtes se dessèchent, sont détruites ou deviennent insuffisantes face à l’augmentation des populations.
À Zagora, l’insecte a été observé sur la luzerne, localement appelée « fassa », ainsi que sur des crucifères comme le chou. Des individus ont également été détectés sur les solanacées, notamment la tomate, le poivron et l’aubergine, ainsi que sur certaines espèces fruitières. Une publication scientifique consacrée à l’espèce confirme son caractère généraliste et sa capacité à fréquenter la luzerne, les choux, la tomate, le piment, l’olivier, l’amandier, la vigne, l’orge ou encore le colza.
L’ONSSA précise que cette punaise est déjà connue au Maroc et qu’elle ne constitue donc pas un nouvel organisme nuisible introduit dans le Royaume. Des pullulations ont également été documentées dans plusieurs pays méditerranéens. En Tunisie, une forte infestation observée en 2018 avait affecté des parcelles de piment et de tomate, avec la présence de l’insecte sur l’orge, le colza, de jeunes oliviers, l’acacia et différentes adventices. Ces observations ont été publiées dans le Bulletin de l’Organisation européenne et méditerranéenne pour la protection des plantes.
Le palmier dattier n’est pas son hôte principal
Dans les oasis de Zagora, la présence de la punaise sur le palmier dattier peut susciter une inquiétude particulière. L’ONSSA indique cependant que le dattier n’est pas considéré comme son principal hôte ni comme son milieu privilégié de reproduction. Lorsque les densités deviennent élevées, les adultes peuvent migrer temporairement vers d’autres végétaux, dont les palmiers.
Cette distinction est importante pour éviter des traitements systématiques et non justifiés dans les palmeraies. La présence d’insectes sur un palmier ne suffit pas, à elle seule, à démontrer une infestation dommageable. L’observation doit porter sur les effectifs, leur évolution et l’existence éventuelle de symptômes sur la végétation.
Le cycle de Nysius cymoides comprend l’œuf, cinq stades nymphaux puis l’adulte. Son développement dépend fortement de la température, des ressources alimentaires et de la disponibilité des plantes hôtes. Les périodes chaudes et sèches favorisent sa visibilité et ses déplacements. En France, FREDON Nouvelle-Aquitaine décrit également une petite punaise devenant particulièrement apparente durant les épisodes estivaux chauds et secs.
La gestion des adventices au cœur de la prévention
Pour les producteurs de Zagora, la première mesure recommandée reste la surveillance régulière des parcelles, particulièrement au niveau des bordures, des zones enherbées, des résidus végétaux et des adventices desséchées. L’élimination maîtrisée de ces refuges, l’entretien des abords et le travail périodique du sol peuvent limiter les sites favorables à la reproduction et à la dissémination.
Lorsque les populations deviennent importantes, l’ONSSA recommande d’intervenir en priorité sur les plantes adventices hébergeant l’insecte avant leur élimination. Tout traitement doit toutefois être réalisé avec un produit homologué pour la culture et l’usage concernés, en respectant la dose, les conditions d’application et le délai avant récolte figurant sur l’étiquette. L’Office met en garde contre les applications anarchiques, susceptibles de détruire les auxiliaires, d’accroître les risques pour les applicateurs et de contaminer l’environnement.
Avant toute intervention, les agriculteurs sont invités à consulter le Service de contrôle et de protection des végétaux de Zagora ou le centre de conseil agricole le plus proche. Dans ce type de pullulation, l’identification correcte de l’insecte et l’évaluation du niveau réel d’infestation doivent précéder toute décision phytosanitaire.

